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9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 10:12

La vie de génie dans une bouteille est plutôt tranquille.

Évidemment, il ne faut pas avoir besoin d’une vie sociale exaltante. Pas question de soirées entre amis ni de folles virées à travers la ville, passant de bars en boites de nuits. Contrairement à tout ce qu’on pourrait penser, la vie de génie est une vie sage et rangée. Rangée dans sa bouteille bien sûr.

Là encore, il ne faut pas penser que la bouteille est un lieu austère, triste et vide. Ce n’est pas non plus un palais dégoulinant de richesse dont nous serions les seuls à pouvoir jouir. La bouteille est un lieu, certes simple, mais confortable et agréable à vivre qui a l’avantage, comme tout lieu magique, de pouvoir se réinventer au gré de nos envies ou de lui-même parfois.

Vu comme ça, on pourrait penser que ma vie ressemble un peu à celle de vos moines. Une vie simple et contemplative, en retrait du monde. C’est un peu le cas. Je vois le monde changer, je suis un observateur certes, mais un observateur attentif de toutes vos dérives.

Ce qui me différencie le plus de toutes les créatures et notamment de vos ascètes prieurs monocorde pour divinités sourdes, c’est le pouvoir. Le mien est infini. Je peux tout. Je suis juste lié par des règles, je ne peux utiliser mon pouvoir de mon propre chef que dans les limites de ma bouteille et je ne peux l’utiliser hors de ma bouteille que pour exaucer des vœux. Trois et trois seuls en l’occurrence.

Je sais que vous avez l’habitude de chercher le pou sur la tête du bonze. Qui définit les règles ? Dieu ? Pourquoi trois vœux et pas dix ? Pourquoi une lampe ou une bouteille ? Je pourrais vous poser des questions semblables, pourquoi êtes-vous incapable de retourner à hier ? Est-ce Dieu qui a décidé que vous ne pouviez pas voir les infra-rouges ? Pourquoi vous êtes un animal si lent à grandir ? Comme pour vous, il existe des explications pour chacune de nos règles mais il vous faudrait apprendre beaucoup de choses et en désapprendre encore plus pour les appréhender. Alors contentez-vous d’accepter les choses telles que vous les percevez.

Ma vie, ma quasi éternité à vos yeux, est ainsi faite. Je navigue de part le monde, flottant au long des courants, passant de mers chaudes en océans glacés. J’aime ce monde, il est tout autant mon monde que le vôtre, soit dit en passant. Vous y agissez, vous le transformez, vous le défigurez souvent mais vous n’avez pas plus de droit sur lui que le premier ver de terre venu. Lui accompli sa tâche avec régularité et la patience de ses espèces qui ont vu passer et disparaître des tas de champions de la chaine alimentaire. Quand une pyramide s’écroule, c’est le sommet qui disparait, la base reste toujours.

L’ennui pour moi, c’est l’histoire des vœux. D’abord parce que je déteste voir des gens. Et surtout parce que les hommes sont désespérant. Ils se croient tous plus malins les uns que les autres. Je ne compte plus le nombre de fois où ils ont fait le vœu d’avoir plus de vœux. Il y a des règles. Un humain ne vole pas. Et même si je te jette d’un avion et que tu te mets à battre frénétiquement de tes bras pour imiter le vol de l’oiseau en criant « Je suis un pélican », tu n’en es pas un. Tu as cru tromper la nature en faisant ça ? Il y a des règles, mettez-vous ça en tête.

L’Homme est pathétique. Oh, je sais bien ce que vous vous dites, si j’avais trois vœux, je changerais le monde, je bannirais la famine et la guerre, je ferais disparaître la maladie, je rendrais enfin ce monde beau et joyeux. C’est bien gentils tout ça, mais voyez en quelques dizaines de milliers d’années, je n’ai jamais vu quelqu’un demander ça. Bien sûr, il y a eu un vœu ou deux pour soigner un être proche, mais jamais le monde. Il fallait guérir la maman, le papa, la fiancée mais jamais éradiquer la maladie de la planète, non. Par contre, les richesses, l’or, les diamants, le pouvoir, la célébrité, ça j’ai eu la demande à chaque fois. Même ceux qui voulaient que je guérisse leur pauvre mère demandaient de l’or avant. Pourtant, trois vœux devraient suffire à sauver le monde pour un temps.

Je n’ai jamais vraiment réfléchis à ce que je ferais si quelqu’un me demandait de mettre fin à la faim dans le monde. Est-ce que je rendrais toutes les terres fertiles au risque de modifier toute l’écologie de la planète, de détruire des millions d’espèces animales et végétales et de provoquer une crise sans précédent dans l’histoire humaine provocant guerres et destructions ? Ou est-ce que je changerais la physiologie humaine pour qu’il puisse manger n’importe quoi, détruisant toute l’industrie agroalimentaire de la planète et créant une crise sans précédent etc…

Parce que le principe des vœux, c’est que vous avez ce que vous avez demandés, pas l’idée que vous vous en faites. Avec la célébrité vient le harcèlement perpétuel, avec la richesse, l’envie, la jalousie, la solitude. Demandez-moi un coffre rempli de pièces d’or, comment allez-vous le déplacer si vous êtes sur une plage ? Comment allez-vous l’écouler ? Vous vous voyez arriver à la banque avec votre coffre rempli d’or ? Vous allez vous retrouver avec tout un tas d’ennuis très vite.

Ça arrive pratiquement à chaque fois, un vœu ou deux qui vire au cauchemar. La petite fiancée malade que j’ai guéri est devenue une mégère infâme, pourrie d’or et de richesses. Le pauvre jeune homme a fini sa vie seul dans son palais, diluant sa rancœur dans l’alcool et les orgies.

Bon, je ne vous cache pas que de temps en temps, j’aime bien jouer des tours aux hommes. Je respecte leurs vœux, j’interprète juste ce qu’ils ne disent pas, je perverti une imprécision. C’est mon côté farceur. Et puis aussi, c’est le prix à payer pour m’avoir dérangé.

Vous me faites pitié parfois. Pauvres humains incapables de changer le monde en trois vœux. Incapable de comprendre que ses vœux ne sont rien d’autre que des épreuves. Je vous teste, l’univers vous teste en réalisant trois de vos souhaits. Parce que ce n’est pas ce que je vous donne le plus important, c’est ce que vous en faites. Et vous en faites tous la même chose. Je vous offre le moyen de changer le monde et vous y renoncez presque immédiatement, comme si la tâche était trop lourde, vous baissez les bras pour vous rabattre sur l’argent et le pouvoir, la consolation des lâches.

Vous allez me dire que vous êtes différents, que si c’est vous qui trouvez un jour ma bouteille vous agirez comme personne ne l’a fait, vous changerez le monde pour de bon, pour le rendre plus beau. Moi je ne crois pas. Si L’Homme voulait rendre le monde plus beau, il pourrait le faire, sans avoir besoin de souhaits. Et L’Homme coupable cours après l’argent.

Voilà pourquoi ma bouteille sera toujours plus agréable que nos rencontres. Le monde est grand, imprévisible et d’une infinie beauté. Vous êtes petits, laidset si prévisibles.

Une prophétie dit que le jour où un homme fera un vœu pour sauver son espèce alors nous serons libres. Je dors tranquille et bien au chaud dans ma bouteille pour très longtemps encore.

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 15:39
Dans mes bras

Tu ne te souviens pas du nombre de fois où je t’ai pris dans mes bras.

Du jour de ta naissance à peine libéré de ton cordon à tes cauchemars qui me font me lever au milieu de la nuit. Des soirées à chercher ton sommeil de bébé aux câlins qui nous font du bien à tous les deux.

Je ne compte pas toutes les fois où je t’ai pris dans mes bras, ses choses-là ne se comptent pas, elles se vivent. Prendre les gens que j’aime dans mes bras me recharge, me donne de la force comme si je les vampirisais et prenais leur énergie. Et mes bras autour de toi c’est un peu une barrière au monde, une bulle pour nous deux, pour quelques secondes, quelques instants, être, toi et moi, une ile, loin de tout, juste un ilot d’amour simple et chaud.

Evidemment que tu ne comprends pas tout ça, bien sûr que tout cela t’échappe, mais j’en profite, je goûte ses moments parce que je sais qu’ils vont disparaitre. Je ne suis pas idiot, le temps des câlins va toucher à sa fin, tu vas grandir.

Il restera toujours des choses. Il restera toujours tes yeux en billes d’acier qui me fixe quand tu ne t’endormais pas, ton regard perdu lorsque ton esprit reste dans le sommeil malgré les pleurs du cauchemar qui finit de t’agiter, ce sentiment de sécurité que je vois en toi lorsque tu es dans mes bras.

On donne trop de sens aux câlins quand on est adulte tu sais, on en oublie que ce geste est ancestral, gratuit et bienveillant. On nous raconte les arrières pensées, les coups de poignard dans le dos, le baiser du traitre pour que nous perdions le sens simple de ce geste fraternel. Alors en grandissant on perd l’habitude d’en faire, on réserve ça à nos amours, on a le câlin méfiant.

Je crois que c’est dans ces moment-là, lorsque tu es dans mes bras et je te sers fort, que je sais à quoi je sers. J’ai parfois le vertige devant tout ce que je représente pour toi, tu me vois en montagne là où je ne me vois qu’en sable friable. Comment peut-on être aussi peu et autant pour quelqu’un ? C’est te serrer dans mes bras me donne de la valeur. Tu es tout ce qui fait vivre mon monde et te tenir contre moi c’est tenir tout mon monde en une brassée d’amour.

C’est éphémère, je sais. Mes bras devront te laisser partir de plus en plus. D’autre bras t’attendront un jour, je les espère aussi plein d’amour que les miens mais ce ne sera plus mon problème, ce ne sera plus mon histoire. Trop te garder contre moi serait t’enchaîner.

Tu ne te souviens pas du nombre de fois où je t’ai pris dans mes bras. Mais malgré tout, il est important que tu te souviennes d’une chose. Ils seront toujours là pour toi, pour la joie ou la tristesse, pour te soutenir, te consoler ou partager ton bonheur. Chaque fois que tu en auras besoin je serai là pour te prendre contre moi et pour te serrer fort.

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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 21:07

Quand je te regarde mon amour, petite fille blonde aux yeux clairs, quand je te regarde, je vois un bébé face à l’océan.  Les vagues gigantesques du monde qui vient, pleines du bruit et de la fureur d’une humanité malade. Ces rouleaux qui broient même les falaises s’avançant vers toi si fragile et confiante. Ton regard fasciné par la houle qui déferle, dans le bruit de sabots des batailles oubliées.

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Quel est mon rôle dans tout ça ma fille ?

Je peux être un rempart. Dissimulant de mon corps la puissance des flots, te bouchant les oreilles au tonnerre des eaux déchainées. Te regardant grandir dans un cocon tout doux, ignorant la fureur que je cache à tes yeux. Mais le jour où les vagues atteindront tes pieds, le jour où les courants t’entraîneront avec eux, le jour où ma main ne sera plus assez forte pour te retenir près de moi, le jour où l’océan te prendra dans ses bras. Je t’aurais protège pour te voir te noyer. A quoi sert un cocon s’il en sort une chenille.

Non, je ne dois pas être ça.

Je dois être ton guide, assis à côté de toi, tous les deux regardant les vagues s’écrasées sur la plage. Je dois t’apprendre les flots, t’expliquer les rouleaux. Nous devons détailler ensemble l’océan, toi posant les questions moi tentant d’y répondre. Je dois laisser ton visage ressentir les embruns. Je dois te voir toucher l’écume, goûter le sel. Je t’apprendrai les courants, les nuages et le vent pour que quand Neptune viendra te réclamer, tu plonges avec bonheur dans l’océan du monde. J’aurais fait un cocon de nous deux et des flots. Un cocon qui découvre plutôt que de cacher. Un cocon qui apprends mais qui protège aussi. Et tu le détruira  en renaissent sirène mais c’est le sort normal d’un cocon réussi.

J’ai parfois peur, mon amour, ma fille. Peur que tu veuille nager avant d’en être prête, peur de la tempête qui peut nous emporter, peur de ne pas savoir répondre à tes questions, peur de me tromper et de causer le pire.

 

Mais je dois agir et ne rien te montrer. A trop vivre de peur on en oublie d’aimer. Et je garde dans mon âme cette certitude sereine que tu es mieux que moi, plus à même d’affronter un jour les flots que je ne le serai jamais. Si je n’ai qu’une chose à te léguer que ce soit celle-ci. Tu es plus que moi et c’est très bien ainsi.

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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 11:55

C’est drôDSCF8787.JPGle comme il suffit d’un rien parfois. Juste une phrase lu sur le net ou dans un livre, un déclic et tu te dis que tu as envie d’écrire. Écrire c’est difficile mine de rien, c’est épuisant, vidant. C’est quelques fois comme si on s’écorchait l’âme. J’ai réellement l’impression d’y laisser des morceaux  de moi. Et puis, il y a le fait d’être lu, même par un petit comité. Cela rajoute une sorte de pression.

Je suis un instinctif voyez-vous.  Je n’ai pas fait d’études, j’étais un élève moyen. Alors j’écris d’instinct. C’est comme la musique, une phrase est belle si elle est équilibrée. Si les mots s’assemblent entre eux comme les notes sur une partition alors la phrase est aussi belle qu’un morceau de musique. L’écriture et la musique sont semblables, bien que je pense que la musique soit plus puissante que les mots. La musique parle directement à l’esprit, à l’âme alors que les mots doivent passer par le filtre décodeur du cerveau.

Bref, toujours est-il que je me colle une pression folle pour une chose qui ne devrait être qu’un plaisir. C’est drôle qu’un cancre comme moi ait un tel souci de perfection. Bon d’accord, tout est relatif, je ne suis pas non plus un malade de la syntaxe et de la ponctuation qui tombe juste. Mais je soupçonne que je le serais si j’avais vraiment un bagage littéraire

En fait, j’ai autour de moi des gens qui  pour l’une écrit merveilleusement bien, qui se sert d’une caméra comme outils pour transmettre l’amour qu’elle porte aux gens et qui réussit à rendre beau ce qui n’est au yeux des autres que le banal, un autre qui dessine si bien que je ne peux même plus être jaloux tellement c’est au-dessus de ce que je serais capable de faire un jour et des musiciennes à l’âme aussi belle que la musique qu’elles jouent. Et moi là au milieu, juste avec mon instinct et mes petits mots, je me fais l’effet d’un enfant sur une plage cherchant avec le sable à égaler la Sagrada Familia de Gaudi.

Mais bon, je ne me plains surtout pas. Je pourrais avoir des amis fades, il se trouve que les miens sont talentueux. Ce qui me surprend plus que le fait que j’apprécie leur compagnie, c’est qu’ils supportent la mienne.

Ce long discours pour dire qu’aujourd’hui j’avais envie d’écrire. Et demain ? Eh bien, je verrai.

Et puis aussi je voulais juste dire à ses gens qui m’entourent et donc le talent (dû aussi à beaucoup de travail) me remplit de modestie et me fait voir que je ne sais rien faire, que je vous aimais. Vous êtes mes fabricants d’absolu, mes anti grosse tête, vous me tirez vers le meilleurs de moi en me forçant à utiliser mon cerveau et ma sensibilité. Je suis le néandertalien à qui vous montrez les étoiles. 

Cathou, Didine, Esther, Jozu. Je vous aime vraiment. Et merci d'être vous.

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 21:13

15Tristan a mordu un camarade l’école.

Alors, que les choses soient claires, je ne lui en veux pas fondamentalement pour ça. D’accord, ce n’est pas sympa, cela ne se fait pas de mordre les autres, il faut le disputer pour le principe, le punir si nécessaire et tout ce que des parents dignes et responsables font dans ses cas là. Mais soyons réalistes, il a trois ans et demi, ce n’est pas la première fois qu’il mord et je suis certain que dans quelques années nous regretterons l’époque où il se contentait de mordre.

Le problème n’est pas non plus qu’il est fait ça à un camarade. Ça change un peu. D’habitude c’est Louise qui prend et qui se retrouve avec la mâchoire de son frère décalquée sur sa peau prête pour un moulage façon les Experts. Et puis, si ça se trouve, il l’avait chercher l’autre, on ne peut tout de même pas tout mettre sur le dos de mon fils sous prétexte qu’il a essayé d’arracher un bout de viande du bras de son copain d’école. Qui sait, il répondait peut être à des insultes répétées. Oh, je vous entends d’ici me dire que ça n’excuse pas de mordre et que la violence n’est en aucun cas la réponse et je vous donnerais raison la plupart du temps. J’ai juste envie d’être un peu de mauvaise foi ce soir. Et, après tout, c’est moi qui écris. Et puis que celui qui n’a jamais lancer de compas  dans l’œil de la blonde pétasse ou du petit merdeux insupportable qu’on a tous eu dans notre classe au moins une  fois (sauf si c’était vous la blonde pétasse ou le petit merdeux), me jette la première gomme.

Ce qui me pose le plus de soucis, c’est qu’il ait fait cela à l’école. Lorsqu’il mord Louise à la maison, cela reste en famille. Et même s’il faisait ca à un de ses copains chez nous, bon un peu d’eau, de la pommade, des menaces et voilà, ni vu, ni connu, l’affaire ne sort pas de la maison. Mais là, c’est à l’école, et même sa maman ne peut pas étouffer l’affaire. Tout le monde va être au courant, la maman du petit qui à pousser mon fils dans ses derniers retranchement ne va pas se gêner pour le répéter aux autres mamans. Et je vais avoir l’air de quoi moi en allant le chercher maintenant ?

Parce que soyons réaliste, que nos enfants fassent des bêtises, on le sait bien, on a l’habitude. Mais tant que cela reste dans la sphère privée ce n’est pas grave. Mais dès que cela devient public, c’est un peu nous que la punition vise. On fait les parents sérieux, on dispute notre enfant devant tout le monde pour faire bonne mesure mais on ne peut pas s’empêcher de se demander ce qui lui est passé par la tête. Parce que, on ne peut pas s’en empêcher, chaque fois qu’on juge notre enfant, c’est un peu nous qu’on juge.

Dans des moments comme ça, on a tous à un petit flash qui passe par notre esprit : « mais que vont penser les autres parents ? ». C’est dingue ce qu’on projette à travers nos enfants. Parce que tous les enfants sont pareils, ils font tous des bêtises, on en a fait aussi et même des pires qu’eux mais il n’empêche qu’on a toujours ce petit pincement  au cœur quand on apprend qu’il s’est fait disputer ou qu’il a fait une grosse bêtise, un peu comme si la façade de normalité que tout le monde affiche se craquelait quelques  secondes. Alors là, chacun y va de sa réaction, soit c’est « Mais je ne comprends pas, il ne fait jamais ça à la maison. Il joue juste à arracher les ailes des mouches. Mais il reste très humain, il les enterre au fond jardin, près du chat, du chien et de ceux des voisins qui sont morts accidentellement alors qu’il jouait avec… » Ou : « M’en parler pas, il est intenable en ce moment, et là vous avez de la chance, il s’est contenté de mordre. Enfin, surtout parce que je lui ai interdit de venir à l’école avec le couteau de chasse que lui a offert son père. Oui, je sais, mais il est trop jeune pour avoir un fusil, mais dans un an ou deux… ».

Après, on peut tenter le « vous êtes bien sûr que c’est lui ? Parce que ce n’est pas la première fois qu’il se fait disputer à la place d’un autre. I faut que vous fassiez plus attention à vos élèves ma pôv dame. Je le sais bien que vous ne l’aimez pas mon fils et que vous défendez toujours l’autre là, si si, celui-là, là, avec ses petits yeux de fouine, je suis certain que c’est lui qui mord et qui fait accuser mon fils. Alors, bon, je dis rien pour cette fois mais faites attention hein, parce que moi, je connais une personne qui connait le beau-frère du recteur d’académie… ».

Et pourquoi on le craint tant le regard des autres parents ? D’abord parce qu’on craint le regard des autres en général, et ne me dites pas que ce que les autres pensent vous vous en moquez, je n’y crois pas une seconde. Nous sommes tous plus ou moins sensible au jugement silencieux de nos congénères. Et c’est tant mieux, les égocentriques et les sociopathes peuvent s’affranchir du regard d’autrui et heureusement, il y en a très peu et ce, malgré les efforts énormes que font certains parents pour faire de leurs enfants des narcissiques asociaux.

Finalement, il est sain que nous ressentions une sorte de petite honte chaque fois que notre enfant se fait remarquer en mal dans la cours de l’école. C’est un signe de bonne santé mentale et de bonne intégration au groupe il me semble.

Et puis, après tout, ce n’est qu’une petite morsure, rien de très grave. Mais bon, c’est le fils de la directrice quand même. Les parents aiment bien quand les enfants de la directrice font des bêtises, ils sont rassurés. Vous imaginez, si les enfants de la maitresses sont parfaits à l’école. Jamais de punition, toujours des bons résultats, les autres parents déprimeraient, se demandant ce qu’ils ont bien pu rater. Avec Louise, on y était presque, sauf que par moment, elle ne peut s’empêcher de jouer les pestes. Louise est une super vitrine pour sa maitresse de maman. Tristan rappel juste que la directrice est une maman comme les autres, avec des enfants comme les autres. Moi tout le monde s’en fout.

 C’est l’avantage que j’ai, je ne suis que le compagnon de la directrice. Je n’ai pas de statut, à peine une existence. On me remarque pas, je me fais discret, comme ça, lorsque Tristan se distingue par ses méfaits, je ne suis pas visé par les regards inquisiteurs des parents à la sortie de l’école. Quand le Prince Charles fait des conneries, c’est la Reine qu’on va voir, pas son mari. Moi, je ne suis que le chauffeur, le monsieur qui s’occupe des enfants de la directrice pendant qu’elle reçoit les parents des élèves difficiles le soir après l’école ou qu’elle a des réunions compliquées avec le maire. L’éducation, c’est leur mère qui s’en occupe, elle a fait des années d’études pour ça. Alors si jamais Tristan vous cause des problèmes, voyez plutôt avec elle. Je peux transmettre un message si vous voulez. Et encore, je l’oublie quelquefois.

En fait, je crois que j’ai une place tranquille, je peux continuer à pourrir mes enfants sans que cela me retombe dessus. 

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 23:09

DSCF0284C’est le cycle de la vie, les dinosaures s’éteignent.

Louise les délaisse petit à petit, au point qu’ils ont quasiment disparu de ses jeux et de ses lectures. Ils sont remplacés par les licornes et les chevaux.

Après en avoir discuté avec d’autres parents, il apparait que c’est un passage obligé, une transition normale chez beaucoup de petites filles.  Je trouve ça dommage moi. Abandonner ses magnifiques géants disparus pour de banals chevaux. D’accord, la licorne ce n’est pas banale, mais c’est juste un cheval qui est malfoutu.

Parce que, avouez quand même qu’il est plus plaisant d’avoir une fille qui veut être paléontologue que cavalière à cheval. Je n’ai rien contre les cavalières mais paléontologue, cela fait quand même mieux.

Oui, ma fille est paléontologue, elle fait des fouilles aux Etats-Unis là, après elle va partir quelques mois en Chine avant de revenir au Muséum d’histoire naturel de Paris pour traiter ses découvertes….

Moi ma fille elle est cavalière…. Elle fait la fête du cheval de Plombière les crapouillots là, après elle va faire une compétition à Vesoul avant de revenir au haras pour nettoyer le box de toute le crottin qu’il contient…

Non, y-a pas photo.

Je sais bien, les choses changent, elle va avoir d’autres centres d’intérêts plus tard. Oui, mais c’est la direction prise par les choses qui m’inquiète. Les dinosaures, les chevaux, après ce sera quoi ? Les bulbes ?

Quand elle jouait, elle jouait au dinosaure, elle était une maman tricératops ou allosaure qui protégeait ses petits. Tristan faisait le petit. Elle poussait des grognements, se déplaçait comme les dinosaures dans les documentaires et s’attaquait au chat qui ne comprenait pas tout mais en même temps personne ne lui a demandé de comprendre.

Aujourd’hui elle peigne ses poneys… Roses ou violets de préférence les poneys.

Pourquoi elle n’a pas fait l’inverse. Passer du poney aux dinosaures, voilà une évolution, voilà une construction de vie, une avancée significative vers l’avenir et vers la science qui nous guide et nous rend meilleurs de jours en jours. Mais là, c’est passer du caviar au surimi, du champagne rosé au coca de Beethoven à Christophe Maé (oui ça faisait longtemps, mais vu qu’il sort un nouvelle album, je marque le coup).

Mais bon voilà, les poneys roses, les chevaux mauves et les licornes à paillettes sont les seules animaux qui trouvent grâce à ses yeux depuis quelques temps. Je crois que ma fille se pouffise.

Il suffit d la regarder avec ses copines, comparer leurs cheveux, coiffer le cheval de Barbie et faire des nattes aux Petits Poneys. Cela promet. Je crois que c’est l’école qui gâte ma fille. Toutes ses petites filles en rose paillette qui ne jurent que par Hello Kitty ou tout autre personnage mauve et qui brille. Louise est au-dessus de ça mais elle est tellement gentille qu’elle se laisse influencer par cette bande de futurs pouffes qui gloussent tous les trois secondes. Franchement, si j’étais enseignant, je passerais mon temps à leur mettre des gifles moi.

Alors oui, je m’inquiète que ma fille délaisse les dinosaures et préfère les licornes. Je la voyais bien devenir paléontologue. La seule solution que je vois, c’est lui faire comprendre que si elle veut être proche des animaux, elle peut toujours être vétérinaire. Et de vétérinaire, la pousser à faire médecine. Médecin, c’est moins glamour que paléontologue, surtout de nos jours, mais c’est mieux que cavalière quand même.

Oui, je sais bien que me préoccuper de ce que ma fille fera plus tard alors qu’elle va avoir sept ans, c’est peut être un peu exagéré, mais si je ne le fais pas, qui le fera ? Et c’est là, maintenant qu’elle est face au grand défi, au grand changement de sa vie, tyrannosaure ou petit poney. Tant de vie on basculées, tant de petites filles ont vues leur avenir sombré dans la banalité d’un quotidien ennuyeux juste parce que personne n’a eu le courage à un moment de dire non aux petits poneys crétins qui on fait presque autant de dégât que la poupée Barbie sur le cerveau fragile de nos filles innocentes.

Mais bon, ma fille reste ma fille et malgré tous les efforts de la cours de récré et des petites pestes qui la peuple, Louise garde quand même quelque part ce petit quelque chose que les autres ne pourront pas pervertir. Elle a beau jouer avec ses poneys, coiffer le cheval de Barbie et mettre des paillettes sur son vieux cheval à bascule, il n’en reste pas moins que lorsque je lui ai demandé ce qui lui ferait plaisir pour son anniversaire, elle m’a répondue « un livre avec une figurine de dragon ». Voilà, ça c’est ma fille. Et je lui trouverai son dragon, rien que pour avoir le plaisir de la voir jouer au dragon qui attrape et dévore le petit poney et le cheval de Barbie

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 19:45

Pas facile d'être le second.Tristan(52)

J’ai toujours eu l’impression de comprendre Louise, j’ai commis des erreurs, trop stimulé son petit cerveau je crois, mais on veut toujours faire bien pour le premier enfant. Et puis, le premier enfant et toujours le centre de notre vie. Et comme j’ai passé beaucoup de temps avec Louise, je pense que je la cerne bien, que je la comprends même si elle m’agace prodigieusement par moment. Je lis parfois dans ses yeux des choses que j’ai au fond de moi. Et ce n’est pas forcement ce qui me rassure le plus.

Tristan est le second. Même si je m’en suis occupé autant que Louise, il n’était pas enfant unique. J’ai passé du temps avec lui les jours où je ne travaillais pas. J’ai joué avec lui, je lui ai parlé mais c’est différent. Tristan a souffert du fait qu'il ’y ai deux enfants à la maison. Les jours où nous étions tous les deux, je le laissais tranquille surtout parce que j’avais besoin de me reposer des moments où ils étaient ensemble. Et puis Louise est née et a vécu ses premières années en ville, dans un petit appartement. Il fallait, sortir pour aller au square, pour l’aérer aussi un peu. Cela n’aurai tenu qu’à moi, je ne serais jamais sorti de notre appartement, je suis plutôt du genre ours à rester à la maison sans voir personne. Mais voilà, je me suis rendu compte assez vite que ma fille avait besoin de sortir et que rester à la maison la rendait aussi grincheuse que moi quand j’étais obligé de sortir. Sauf qu’elle supportait mieux que je sois grincheux que moi qu’elle le soit, donc j’ai fini par céder et par prendre l’habitude de faire des promenades pour notre bien à tous les deux.

Pour mon fils c’est plus simple, j’ouvre la porte fenêtre et il va dans le jardin. Il n’a jamais profité des balades comme je le faisais avec sa sœur. Parfois ça me manque, parfois je me dis que je devrais sortir faire une promenade avec lui quand nous sommes seuls. Puis mon côté ours reprend le dessus et j’ouvre la porte-fenêtre.

J’ai parfois l’impression de moins connaitre mon fils que ma fille. Bon tout est relatif, je le connais suffisamment pour savoir quand il me raconte des cracks, quand il essaie de me mener en bateau ou de me manipuler. Mais j’ai l’impression de moins savoir ce qui se passe dans sa petite tête. Vous me direz : « c’est un mec, ce qui se passe dans son cerveau est forcément basique », et bien n’en soyez pas si sûr. Il lui arrive de me surprendre avec des questions ou des réflexions. Il joue avec des petites voitures, avec un bâton il fait une épée, il fabrique des avions et des bateaux en lego (généralement c’est la même construction qui ressemble exactement à ce que ne doit pas être un avion ou un bateau) et puis il va trier des Mm’s et me dire exactement combien il y en a par couleur. C’est un petit mec, qui s’il a décidé que deux et deux font six, n’en démordra pas, juste histoire de ne pas avoir à admettre qu’il a tort. Il est capable de réciter des passages entiers des dialogues de dessins animés.

La semaine dernière, tout seul avec lui, à été une bonne semaine. Fatigante parce qu’il est venu squatter mon lit toutes les nuits et qu’il bouge beaucoup. Mais j’ai pu faire des choses       avec lui, parlé, joué sans avoir le risque de voir débarquer Louise.

Je l’ai senti plus détendu pendant nos cinq jours ensemble. Sa mère lui a manqué même s’il ne m’a rien dit mais je le voyais la nuit touchant l’oreiller de sa maman pour voir si elle était là. Et surtout il était plus au calme, loin de la compétition perpétuel qu’ils ont mis en place avec sa sœur. Il a eu une semaine où je n’étais là que pour lui, où il pouvait jouer sans risquer d’être interrompu par Louise, où la question de savoir qui avait fait la bêtise ou qui a frappé l’autre le premier ne se posait pas.

Après, Tristan est le second, il n’a rien connu d’autre, il a toujours eu sa sœur pour se chamailler et pour jouer, c’est son monde.

Lorsque Louise avait son âge, il naissait. Elle passait du statut de fille unique celui de grande sœur, de tu as tout à il va falloir partager, de tout, tout de suite à « attends je m’occupe de ton frère ». Elle a dû s’adapter, savoir s’effacer derrière son frère. Tristan n’a connu que ça, faire des coudes pour un peu d’attention.  Il a trouvé des stratégies, il est devenu malin, drôle un rien manipulateur.  Im se pose aussi moins de questions que sa sœur, il a un meilleur sens pratique. Il va droit au but quand Louise se noie dans un verre d’eau.

Ce qui est amusant, c’est qu’ils sont complémentaires, tous les deux ensembles sont capables de se sortir de tout, mais aussi de faire n’importe quoi. Ca promet pour plus tard.

Je sens que je vais bien m’amuser.

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 20:37

louise-archerC’est bien d’être entre mecs.

Enfin bon, on ne passe pas notre temps à parler foot et politique comme le font la plupart des mecs. Tristan n’en est heureusement pas encore à ce moment de sa vie. Non, il parle plutôt de jeux, de dessins animés, de chocolat et de comment écrire son prénom sur l’ordinateur et pourquoi c’est plus facile sur le clavier que avec un stylo. Je lui explique aussi pourquoi on ne peut pas manger des cordons bleus à chaque repas et que non, on ne va pas à l’école en pyjama alors habille toi plus vite que ça.

Et pendant ce temps-là, Louise s’amuse comme une petite folle, elle visite un château fort, participe à un tournois et dîne à un banquet médiéval avec viande en sauce, épices et tout le toutime…. Enfin j’espère. Un repas médiéval sans le porcelet qui cuit à la broche et le faisan entier sur un plateau ce n’est pas vraiment un banquet médiéval. Sans compter les jongleurs, les ménestrels et les cracheurs de feu qui rendent ces repas si distrayant.

Ah on savait vivre au moyen âge. Pas de télé pour distraire nos petites têtes blondes, pas de dessin animés violent, pas d’internet subversif, pas de jeux vidéo addictifs rien pour les distraire des leçons et de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture.

Bon, ok, à cette époque, l’école est réservée à une toute petite partie de la population, la majorité des enfants travaillent aux champs ou à l’étable. Les petites filles accomplissent déjà les mêmes tâches qu’elles accompliront toute leur vie. Une vie de labeur, d’enfantement, de peines et de la même robe tous les jours sauf le dimanche. Oui, pas de surconsommation au moyen-âge, on ne possède que le nécessaire, les habits qu’on porte et la nourriture dans notre estomac, tout le reste appartient au seigneur. Et puis pas de prise de tête avec les enfants, ceux qui survivent seront paysans comme papa et se crèveront à la tâche dans les champs. Certains auront la chance de devenir soldat et crèveront dans une quelconque guerre de façon rapide et sanglante ou de très longue et douloureuse s’ils n’ont été que blessé. Oui, on savait occuper les enfants à l’époque, une vie saine, loin de la pollution, cinq fruits et légumes frais par jours, c’était tout ce qu’ils avaient à manger de toute façon. De l’activité physique dans les champs, au moulin ou à la forge. Et tout ça sans Françoise Dolto ni Marcel Ruffo.

Pas de problèmes de retraites avec une espérance de vie de 30 ans. Pas de questions existentielles sur le vieillissement de notre image dans la glace, pas besoin de crème anti-âgeou de prothèses auditives ni de lunettes de vue. Tous ses trucs qui nous posent tellement de tracas ne les préoccupaient pas à l’époque. Ah comme ils ont raison tous ses gens qui prêchent un retour en arrière…

Enfin, ma fille à la chance de ne voir que le coté fascinant et passionnant du moyen-âge et c’est tant mieux. Elle a le temps d’en découvrir les côtés sombres. Surtout que, malgré ce que vous pouvez croire, j’aime beaucoup cette époque. Je la trouve plus saine et plus agréable que le siècle des lumières, son Versailles au sol souillé des déjections des courtisanes aux dents noires, ses perruques poudrées toxiques et ses rues couvertes d’excréments.

Ça me fait penser que Carole rentre demain soir. Presque cinq jours seuls entre homme. Va falloir que je songe à faire un peu de ménage. A fond…. Il faut que je m’y mette là… Je n’ai que jusqu’à demain soir.

 

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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 13:59

20130320 110457(1)

Les filles sont parties.

Hé oui, cette semaine, Carole et Louise sont en classe découverte. Cinq jours loin de la maison. Me voilà donc tout seul avec mon fils. Je ne suis pas sûr que Carole se rende compte à quel point c'est dangereux d'avoir fait ça.

Parce que, abandonner lâchement deux mecs dans une maison pendant une semaine, beaucoup de mères de famille vous diront que ce n’est pas une bonne idée. Certaines pousseraient même jusqu’à dire que c’est de l’inconscience.c’est risqué de faire des choses comme ça.

Mais, même pas peur la mère de mes enfants.

Lundi tôt, les filles de la famille, sauf Blanche, le chat, qui elle est restée,  ont donc quittés le domicile pour partir à l’aventure et à la découverte des mystères, des secrets et des légendes de cette contrée lointaine et presque étrangère qu’est l’Alsace. Oui bon, toutes les écoles n’ont pas les moyens d’envoyer leurs élèves en Angleterre ou en Papouasie. Et puis c’est jolie l’Alsace…Ok, là, il pleut, il fait froid… Mais c’est l’Alsace quoi… …. … Bon d’accord.

Pendant toute la semaine dernière, Louise était un peu stresser. Elle ne voulait pas me quitter, elle voulait rester avec moi. Elle jalousait Tristan qui, selon elle, avait la chance de pouvoir passer une semaine seul avec son père. Et ce matin, devant le bus, j’ai dû la rappeler pour avoir un bisou de départ. Un papa ne fait pas le poids face à un bus à deux étages et surtout la perspective de voyager en haut.

Une des choses qui me faisait soucis pour cette semaine, c’est la réaction de Tristan. Il n’a jamais été séparé de sa sœur aussi longtemps, de sa maman non plus je crois. Alors être privé des deux à la fois, je ne savais pas trop comment il allait réagir. Surtout que nous nous sommes beaucoup préoccupés des inquiétudes et de l’appréhension de Louise et très peu de Tristan. Il est plutôt cool comme petit gars et ne laisse pas paraitre certaines choses. Je ne savais donc pas comment il allait prendre cette semaine entre mecs. J’ai été vite rassuré. A peine rentré, après le départ du bus, il a voulu regarder la télévision, ce que sa maman ne lui autorise jamais les matins d’école. Il m’a expliqué aussi qu’il ne voulait pas aller à l’école mais rester avec moi à la maison. Ça n’a pas marché, enfin  surtout parce que je devais aller au travail. Bref, il réclame du chocolat, des bonbons et des jouets. Cela me permet de voir un peu comment il me perçois et comment il imagine la vie sans sa maman. Visiblement, il me crois beaucoup plus laxiste et permissif que Carole. Ce qui n’est pas une découverte au fond. Je suis trop gentil avec mes enfant en fait, c’est pour ça qu’ils profitent de moi et me mènnent parfois par le bout du nez.

Je communique peu avec Carole, son emploi du temps est surcharger et, comme tous les autres parents, je ne peux pas communiquer avec Louise. Je sais juste que ça se passe bien pour elle, qu’elle s’éclate au point d’avoir dit à sa maitresse de maman qu’elle voulait rester là-bas pour toujours…. Rester en Alsace pour toujours… Je crois que j’ai gardé le numéro d’un pédopsy… Je commence à m’inquiéter moi, dans quel état vais-je retrouver ma fille ? Je savais que toute une semaine loin de moi était une mauvaise idée. On commence par avoir envie de vivre en Alsace et on finit par réclamer des tatouages gothiques, des percings et de la flammenkuche … Vivement qu’elle rentre que je puisse reprendre les choses en main. En plus, elle n’a même pas l’ennuie de moi, je crois que c’est ça le plus agaçant en fait.

Finalement, comme toujours, on se fait plus de soucis que nécessaire pour nos enfants. Tristan a tenté de profiter de la situation et je suppose qu’il va continuer à le faire. Louise, elle, et bien, elle m’a plaquée pour une place à l’étage du bus.

Que voulez-vous, un jour elle me laissera tomber pour un crétin boutonneux plutôt que pour un autocar, c’est comme ça. Je me rassure en me disant que je pourrai toujours frapper le crétin boutonneux, ça fait moins mal que de frapper un bus.

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 21:08

DSCF3360Bon, nous y voilà.

Je vous avais expliqué les déboires de Tristan avec l’autorité scolaire qu’est sa maitresse en titre. Bon, je ne peux pas juger, n’étant pas présent, si c’est la maitresse qui déteste mon fils ou si c’est mon fils qui a, par moments et par petits moments seulement, un comportement répréhensible qui nécessite une sanction.

Personnellement, mon cœur me dit que mon fils est victime d’un acharnement de sa maitresse qui jalouse le fait que sa mère soit sa supérieure hiérarchique et qui reproche à son père de ne pas lui avoir apporté des chocolats depuis la rentrée scolaire. Mon cœur de papa cri à l’injustice : « Pourquoi lui, hurle-t-il dans le silence résonnant de ma cage thoracique qui se demande ce qui se passe encore, il est super sympa à la maison, ce n’est pas possible, il doit y avoir une erreur, une injustice, un complot ».

Mais ma raison, toujours prompte à gâcher les moments rigolos, me rappelle que je connais la maitresse de Tristan et que je sais très bien que si il se fait punir, c’est plus que mérité, sachant qu’elle est plutôt patiente et qu’elle ne punirait pas mon fils sans une excellente raison, surtout qu’elle devra ensuite expliquer tout ça à sa supérieure hiérarchique qui n’est pas toujours très commode, surtout quand on touche à son fiston chéri.

Lors de ses premières punitions, Carole et moi avions décidé, et expliqué à Tristan que, désormais, la moindre punition reçu à l’école serait aussitôt suivie d’une punition à la maison. Il se le tenait pour dit, et il se tenait à carreau. Mais voilà, toutes les bonnes choses ont une fin.

Mon cœur de père, qui regarde la raison comme un syndicaliste regarde un briseur de grève, me dit que : « Ok, il a fait une bêtise mais il a été entrainé par d’autres, qui eux, sont les vrais responsables, qui ont poussé Tristan vers la bêtise et le non-respect des règles. Lui ne peux pas avoir décidé ça. Je suis sûr qu’ils l’ont poussé, menacé, kidnappé son doudou ou pire, volé sa pâte à modeler ». Non Tristan ne peux pas décider de lui-même de faire le cirque dans ce sanctuaire qu’est l’école, surtout avec sa maman dans la pièce à coté qu’il entend distinctement crier sur les cancres de sa classe tellement les murs sont fins dans cette école.

Mais la raison qui regarde mon cœur de père comme on regarde un type jouer au bilboquet, sachant pertinemment que, aux vues de sa coordination, il ne connaitra jamais la joie de voir la boule en bois s’emboiter dans la poignée, me fait souvenir que Tristan n’est pas le dernier à faire des bêtises, qu’avec sa sœur, ils sont passés maitres dans l’art de me faire tourner en bourrique avec un numéro très rôdé du « c’est pas moi, c’est mon frère ou c’est ma sœur ».

Donc, aujourd’hui, Tristan a de nouveau été puni. C’est pas drôle pour lui, et ce n’est pas facile pour nous parce qu’il va falloir tenir notre promesse et le punir de surcroit.

Mais qu’a-t-il donc fait ? Me demanderez-vous. Et bien je vais vous le dire. Je dois vous précisez que je tiens cette histoire de Louise tout d’abord puis de Carole ensuite.

Alors imaginez une classe de petits enfants, les yeux écarquillés, écoutant, vivant l’histoire lue par une maitresse-conteuse qui fait naitre devant eux des paysages fantastiques et des animaux merveilleux. Bon j'embellie un peu les choses, Carole me signal que sa maitresse travaillait avec un groupe d'élève pendant que Tristan et ses camarades s'activaient seuls ailleurs, bref, ma version à moi me plait plus, mais comme il faut bien céder à la réalité. Donc trois petits garçons dont le mien, assis côte à côte sur un petit banc de bois, s'occupaient avec les activités donnés par leur maitresse. Soudain, les trois garçons se lèvent ensemble, se penchent et crient  « prout, prout, crotte, crotte » de concert avant d’éclater de rire ainsi qu’une bonne partie de la classe je suppose.

Je vous laisse imaginez la colère de la maitresse (bien que moi, en écrivant ses mots, j’ai plutôt tendance à trouver cela rigolo, mais je ne suis pas maitresse et par respect pour celle de mon fils, je vais contenir le sourire qui fait frémir mes commissures). L’affaire remonta jusqu’à la directrice-maman-de-Tristan qui n’eut d’autre choix que de punir les enfants, non sans avoir réprimé un éclat de rire.

Alors, que les choses soient claires, je suis d’accord avec la punition. Même si je trouve le geste amusant, même si j’aurais probablement éclaté de rire sur le moment, je trouve la punition justifiée surtout pour des petits qui doivent apprendre à respecter les règles de vie en groupe. L’insolence est une chose difficilement acceptable. Je vois trop, à mon travail, d’enfants qui sont à la limite de l’insulte lorsqu’ils parlent à leur parent pour cautionner l’insolence, même drôle cette fois-là, de mon fils.

Nous voilà donc ce soir, Carole et moi, face à notre responsabilité de parent et à la promesse faite à Tristan. Nous allons devoir le punir. Mais comment ? La punition est un art difficile. En fait, la punition, si elle veut être efficace doit être personnalisée, un peu comme un cadeau. Ce n’est pas facile, on a toujours tendance, surtout avec le recul à punir plus légèrement. Mais on doit marquer le coup, comme on dit. On doit faire en sorte que Tristan retienne la leçon sans pour autant que ce soit un traumatisme. Les cadeaux les plus chers ne sont pas toujours ceux qui font le plus plaisir, les punitions les plus sévères ne sont pas toujours les plus efficaces. On peut trouver un cadeau pas chèr mais qui tape tellement dans le mille que, pour la personne à qui on l’offre, c’est le plus beau cadeau du monde. Une punition doit être mesurée, pile à la mesure de l’infraction et pile priver le puni de ce qu’il faut pour compenser le préjudice. Mais c’est l’idéal et en cadeau comme en punition, l’idéal est très difficile à trouver.

Il y a aussi les cadeaux « passe partout », les coffrets cadeaux qu’on offre en vrac aux gens. On sait que ça va plaire et ça n’exige pas des heures de réflexion et de recherche. Je crois que nous allons nous orienter vers une punition de ce genre-là. Privation de télé pendant un jour ou deux. C’est une punition bateau, fourre-tout mais qui fonctionne toujours.

Enfin, Tristan, si tu lis ces lignes du haut du futur, je ne sais pas si tu te rappelles de cet évènement, probablement pas. Il est même certain que tu te souviennes de bêtises plus grosses et de punitions plus sévères, pour toi c’est le passé, pour moi c’est de l’hypothétique futur, mais sache que tout commence ici, ce soir pour moi.  Toutes les punitions que tu as subies trouvent leur source ce soir.

Que ça te serve de leçon.

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