De six à huit.
Me revoilà.
Quand je n'écris pas pendant plusieurs jours c'est essentiellement pour deux raisons. La première c'est lemanque d'inspiration. Je ne vous dis pas qu'il ne se passe rien dans ma vie, mes enfants font en sorte qu'elle soit une aventure de chaque instant (par exemple en ce moment, Louise joue à chevaucher un dragon pendant que Tristan balaye et plie une serviette...Si, si, je vous jure), mais tout ce qu'ils me font vivre n'est pas racontable, c'est souvent des choses à vivre et qui perdent tout leur sel lorsqu'on les raconte. Par exemple, tout à l'heure, Louise jouait à la maîtresse avec des élèves imaginaires, quand soudain elle dit : "bon, maintenant les enfants vous allez être très sage ! Maîtresse va faire caca !!". A ce moment, je
me suis demandé si c'était du vécu ou si c'était elle qui venait de l'inventer. Je vous l'avais dit, ça perd à la transcription, mais en vrai c'était très drôle.
En plus si je racontais tout sur ce blog, je n'aurais plus rien à raconter à mes collègues friandes d'annecdotes sur ma vie paternel, qui font toujours semblant de s'interresser à ce que je dis tout en dissimulant un baillement et qui viennent ici lire mes articles. Et toute ma vie n'est pas racontable.
La deuxième raison qui explique mes absences, c'est mes enfants. Je dois avouer que quelques fois, ils sont tellement dissipés que c'est une tâche de chaque instant de les empêcher de réduire la maison ou eux-mêmes en morceaux. Entre Tristan qui essaie tant bien que mal de tomber d'une façon ou d'une autre, soit de sa chaise haute soit du canapé et Louise qui repeint la moitié de la maison avec des feutres fluo, je suis très occupé.
Vous connaissez l'expression "un silence inquiétant", tous ceux qui ont des enfants connaissent ça. C'est quand ils ne font pas de bruit que les mômes font les pires bêtises. Donc, j'écris ici, je les laisse jouer en jetant un coup d'oeil de temps en temps et soudain je m'aperçois que je ne les entends plus depuis plusieurs minutes. C'est là le piège, c'est à ce moment là qu'on découvre le couloir redécorer par une Louise artiste ou Tristan dans la douche tout habillé (lui, pas la douche) jouant à faire la cuisine. Ou, comme en ce moment, de enfants qui jouent avec des chaussures après avoir consciencieusement vidé le meuble contenant toutes les paires de bottes, baskets ou chaussons qui sont maintenant dispersées un peu partout comme si elles tentaient de s'échapper, ce qui ne doit pas être très loin de la vérité.
Je vous ai déjà expliqué que certains jours, je pars tôt le matin travailler et que je ne rentre que pour m'occuper de mes enfants, ce qui ne me laisse pas des masses de temps pour venir noircir les pages virtuelles de ce blog. Et puis Carole rentre tard, et je ne veux pas non plus que nous nous priviions d'une soirée ensemble en la passant à écrire. Je me rends compte qu'il y a des jours où je passe plus de temps avec mes collègues qu'avec Carole. Heureusement que je les aime bien et qu'elles arrivent à me supporter, j'imagine mal travailler avec des gens que je n'aimerais pas et rentrer m'occuper de mes enfants déchaînés (là Tristan vide le tiroir où sont rangées les assiettes, il a faim, je crois). J'ai de la chance de les avoir mes collègues, même si Alex m'abandonne lâchement sous le prétexte gonflé qu'elle doit, sois-disant, prendre des vacances, ce que j'ai du mal à croire, vu qu'elle en déjà eu il y a trois mois.
Enfin voilà. Il est vingt heures, j'ai commencé à écrire à dix-huit heures, entre temps j'ai évité une ou deux catastrophes, quelques blessures graves et de la vaisselle cassée, la routine quoi. J'ai aussi préparé et donné à manger à mes enfants voraces. Reste plus qu'à les coucher, corriger mon texte trouver une photo et publier avant de pouvoir profiter de la soirée. Heureusement Carole vient de rentrer...
...Et elle se jette sur le téléphone pour passer un ou deux coup de fil...
Et après elle se plaint qu'on ne passe plus de soirées ensemble.