On garde son calme
Ils m'énervent.
je suis dans une période où j'ai envie de vendre mes enfants (joindre l'utile à l'agréable en quelque sorte). Entre Tristan qui nous solicite en permanence pour marcher et Louise qui nous la joue "j'vous parle comme à mes copines et j'vous réponds si je veux, sur le ton que je veux et il est où mon doudou ????". Donc là, si ça ne tenait qu'à moi, nos enfants seraient en route pour Toungouska ou la terre Adélie, mais bon, Carole est un peu réticente.
Ce qui est con avec le fait d'essayer d'être un père un tant soit peu moderne, c'est que je ne peux pas me permettre de faire comme l'aurait fait mon père ou mon grand-père : trouver une excuse bidon pour partir quand les enfants deviennent chiants.
Avant c'était sympa on pouvait toujours aller à la pêche, couper du bois ou au bistrot le temps que les choses se calment, que les enfants soient au lit ou qu'on soit dans un tel état que rien ne nous empêche de dormir. Ce qui est bien avec le bistrot c'est qu'on peut fuir le domicile conjugal, laisser les enfants énervés et hurlants aux mains de leur maman dépassée et proche de la dépression pour aller descendre des beaujolais en se plaignant de ses enfants qui hurlent et de sa femme qui déprime : "c'est pas facile Marcel, allez remets-moi en un autre !! Après j'vais p'têtre rentré pour le souper".
Aujourd'hui, un père se doit d'être présent, de supporter les caprices de ses enfants avec le calme des gens dans les émissions de télé où les parents sont parfaits. Il doit savoir exactement comment réagir face à toutes les situations, savoir être l'autorité sans être autoritaire, savoir éduquer, poser les limites sans brider le developpement futur de l'enfant. Bref le père parfait....Ben, il a qu'à venir s'occuper de mes enfants une semaine et on verra bien dans quel état on va le retrouver le super papa de la télé, oui !!!
Ah, on les voient bien les gugus dans les émissions avec leurs petites lunettes et leurs airs de je sais tout : "oui mais vous comprenez, le tout est de donner des limites à l'enfant sans pour autant nuir à sa créativité. Faire en sorte que son imagination s'épanouisse dans un milieu protégé mais néanmoins ouvert sur le monde pour lui permettre de découvrir le monde avant de l'affronter avec les armes que ses parents lui auront donner...." Heu...Dix minutes je te donne avec Louise et Tristan, dix minutes avant que tu abandonnes tes belles théories et que tu en reviennes au fouet et à la badine.
Parce que le plus difficile quand nos enfants sont chiants, c'est pas de réagir, mais c'est de se contenir :
moi :
" Je lui mets juste une petite claque, rien qu'une petite pour qu'elle se taise",
Carole :
"Non !! C'est hors de question, tu vas te calmer dehors !!",
"Je suis un père moderne, moi madame, j'affronte les difficultés de l'éducation sans fuir mes responsabilités....Juste une petite fessée !!!"
"Non, non et non".
Enfin. Cette semaine, Carole, avec le sens du sacrifice qui la caractérise, va emmener les enfants loin pour que je puisse avoir quelques jours de tranquillité....En gros, elle se casse à la mer avec les mômes pendant que je m'occupe du jardin, de la terrasse et du chat....
Je vais pouvoir faire mon ours des cavernes pendant quelques jours, ça me manquait ça. Pas sortir, voir personne et s'enfiler plein de glaces.
Je me donne pas deux jours avant d'avoir l'ennui de mes enfants.