Maman-maitresse.
Une rentrée de plus.
Mais celle-ci est spéciale. Louise est entrée en grande section et sa maitresse est sa maman. Pas simple.
Carole a beaucoup réfléchit à cela. Elle est consciente des risques et des problèmes que cela peut poser. Surtout que Louise est loin d’être une petite fille sage, assise dans son coin. Elle est maligne, studieuse, elle aime l’école mais elle est un peu turbulente (c’est rien de le dire).
Cela fait donc des mois qu’on prépare ma fille à ça. On lui a expliqué que si Carole était maman en dehors de l’école, dans la classe elle était maitresse et que Louise serait traitée comme tous les autres enfants. On a bien sur essayé de ne pas lui coller une pression avec ça, en parler mais ne pas insister. Louise stresse assez facilement, il faut donc toujours essayer de trouver le juste milieu, ce qui n’est jamais simple.
La plupart des professeurs vous dira qu’avoir son enfant dans sa classe est une erreur. Alors, j’ai demandé à une personne de confiance : ma maitresse de cp. Sa réponse fut simple et claire : « ça dépend ». Ce conseil précieux renforça Carole dans son choix et lui permit d’affronter la rentrée plus sereinement.
La rentrée est toujours un moment de stress pour les enfants et pour les enseignants, alors quand vous avez les deux à la maison et que les deux se font du soucis d’être dans la même classe, qu’en plus l’enseignante est directrice et doit donc gérer des piles de papiers avant la rentrée, vous comprendrez que la rentrée n’est pas notre moment favori (sauf peut-être pour Louise qui doit montrer son nouveau cartable, sa nouvelle trousse, sa nouvelle coupe de cheveux et ses nouveaux dinosaures).
Toujours est-il que plus nous avons approché de la rentrée, plus Louise a été infernale. Vous me direz que c’est normal que tous les enfants sont comme ça. Ben justement, c’est cela qui m’embête un peu, c’est que Louise soit comme les autres enfants. Je n’ai pas fait des enfants pour qu’ils soient comme tous les autres, sinon j’aurais laissé faire les autres. Non parce que si on commence comme ça, alors autant renoncer au fait de voir un jour Tristan maitre du monde.
Arrive le matin de la rentrée. La directrice quitte tôt le domicile conjugal pour se rendre à son travail et préparer l’arrivée du troupeau de petits humains avides de jeux et de bêtises à faire à qui il va falloir expliquer que 1+1=2 alors qu’en fait si ça se trouve c’est même pas vrai, mais bon on va pas quand même remettre en cause tout ce qu’on apprends à l’école non plus.
Ma fille se lève de très bonne humeur, bien décidée à nous montrer qu’elle était devenue une grande fille. Elle vérifie son sac, prêt depuis plus d’une bonne semaine, s’habille seule, décide de se coiffée seule au grand dam de sa mère. Louise a donc passé une bonne demi-heure à essayer de se faire une natte avant de se rendre à l’évidence : elle ne sait pas faire les nattes. Sa maman étant partie, je me suis trouvé de corvée d’apprentissage. La chevelure plus ou moins en vrac (hé, ho, je suis pas un coiffeur moi), elle était prête et trépignante, le cartable sur le dos environ quarante minutes avant le départ pour l’école. Autant d’habitude le combat consiste à ne pas arriver trop en retard, autant ce jour-là j’ai dû ralentir les élans de ma fille bien décidée à être la première à l’école.
Bon, j’ai quand réussi à n’avoir que dix minutes d’avance sur l’horaire normal, ce qui ne fut pas une mince affaire croyez moi.
J’ai donc laissé ma fille entre les mains de sa nouvelle maitresse, sa mère qui pu se félicité du fait que Louise a bien intégré la différence entre sa mère et sa maitresse. Elle n’eu droit qu’à deux « maman » dans la journée.
Mais Louise reste Louise et sa maitresse de maman le découvrit en cours de journée quand sous prétexte de colorier la joue d’un de ses camarade avec un feutre, elle le griffa avec le dis feutre de l’œil jusqu’au bas de la pommette. Ma fille eu donc la joie d’inaugurer le long cycle des punitions de l’année scolaire 2011-2012 sur la terrifiante « chaise des élèves pas sages » à la grande honte de sa mère qui dû en prime expliquer à la maman du petit d’où lui venait la griffure sur la joue.
Bref une rentrée tout ce qu’il y a de plus calme, avec une Louise fidèle à elle-même, intelligente et un tantinet indisciplinée, comme ça maitresse de maman quoi.
En fait, ce n’est peut-être pas Louise qui à le plus à perdre à être dans la même classe que Carole, ni Carole, c’est peut-être tous les autres élèves qui n’ont pas de chance de les avoir réunies toutes les deux dans la même classe.