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Le blog de Tristan Né le 26/08/2009 à 11h25

Le lièvre et la morille.

Jo

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Parlons champignons.

Si, souvenez-vous (pour ceux qui peuvent encore), je vous avais dit que je vous en parlerais.

La chasse aux champignons c’est un truc qui se pratique en forêt, dès potron-minet, avec un petit panier, des bottes et un petit couteau. La chasse aux champignons, c’est un peu comme la chasse au lièvre, le plus dur c’est de trouver sa proie. Parce que finalement, le lièvre débusqué n’a pas beaucoup plus de chance d’en réchapper que le champignon. Sauf après 10 heures du matin, heure où le chasseur commence à être aussi imbibé que de la mousse dans un ruisseau et où tout ressemble à un lièvre que ce soit un marcassin, un faon, un pigeon
, un cheval, une girafe en vacances,  un quad, le petit chaperon rouge ou un autre chasseur imbibé. Alors que le chasseur de champignons lui, boit très peu et donc est plus précis dans ses gestes.

Ça ne veut pas dire que le champignon est sans défenses, loin de là. D’abord un champignon, ça sait se cacher et surtout, contrairement aux lièvres, ça sait rester sans bouger pour ne pas se faire prendre. Le champignon a essayer d’expliquer ça au lièvre, mais le lièvre, c’est moins malin qu’un champignon, c’est bien connu. C’est pour ça aussi que le chasseur de champignons est plus finaud que le chasseur de lièvre, il s’est adapté à sa proie. Le seul point commun entre les deux chasseurs en fait, c’est qu’ils portent tous les deux des bottes pour le reste l’un à un fusil l’autre un couteau et l’un à un chien alors que l’autre à un panier.

Alors, me direz-vous, avec un fusil et un chien, c’est quand même le chasseur de lièvre qui a l’avantage. Que nenni, vous répondrais-je, en vous regardant par-dessus mes lunettes comme le faisait mon prof de math pour essayer de m’expliquer que la forme canonique d’une équation n’avait rien à voir avec son tour de poitrine et de hanches, celui qui a l’avantage n’est pas celui qu’on croit. En effet, un chien peut attraper un lièvre et le ramener jusqu’à la maison, mais essayer de remplacer le Lepus europaeus mort par un ou deux kilos de champignons et vous regretterez tout de suite votre panier qui peut transporter à la fois le lièvre et le bolet. Et puis, s’il existe des exemples de lièvres tués avec un couteau à champignons, vous n’entendrez jamais un type vous raconter qu’il a cueilli des champignons avec des cartouches de 4 (cartouches recommandées pour la chasse au lièvre ndmm*). Si on ajoute à cela le fait que le chasseur de champignons préfère le petit gris au gros rouge, vous comprendrez tout de suite de quel côté penche la balance.

Mon beau-père est un chasseur de champignon. Il se lève aux aurores pour pratiquer ce sport. Je suppose qu’il veut profiter de la brume matinale comme camouflage pour pouvoir surprendre les morilles sans défenses avant qu’elles ne se planquent sous des feuilles mortes ou des morceaux d’écorce. Parce que sinon, je ne vois pas l’intérêt de se lever si tôt. Il part donc en forêt avec ses bottes, son panier et son couteau, se perdant dans le voile vaporeux de la nuit fuyante pour s’enfoncer dans la forêt qui s’éveille doucement aux bruissements du jour naissant en profitant du silence de l’aube que les oiseaux perturbent de leur salut au jour nouveau. Il lui arrive d’emmener Louise avec lui. Ce qui ruine tout le passage sur le silence de la forêt. Pas de doutes qu’un jour Tristan accompagnera à son tour son grand père. En général il ramène quelques kilos de champignons de ses virées matinales, ce qui nous permets de nous régaler de sublimes croûtes préparées par belle-maman.

Carole, en bonne héritière, sent aussi en elle l’appel de la forêt et du petit gris sauvage. Cet été, elle a donc décidé de débaucher son père de son Haut Doubs traditionnel pour le faire venir chasser le bolet dans les forêts jurassiennes jouxtant notre maison. Celui-ci se fit prier pendant de longues semaines, retissant à l’idée de chasser sur des terres inconnues et prétextant quelques travaux urgents et contraignant pour se soustraire aux désirs mycologiques de sa fille. Elle avait pourtant fait les choses bien, cherchant le coin abondant et secret dont rêve tout bon champignoneur.

Finalement, il céda comme tout père cède aux demande répétées de sa fille, c’est une constante naturelle, le père cède toujours que ce soit pour aller aux champignons ou pour avoir un cheval, le père finit toujours par céder.

Mais voilà, si le talent est inné et peut être héréditaire, l’expérience du vieux chasseur s’acquière avec les années. C’est la dure leçon que la vie à donner à la mère de mes enfants quand après deux bonnes heures de chasse, le père et la fille revinrent avec quatre pauvres champignons, même pas adultes. Sans doute des champignons inexpérimentés qui avaient ratés leur camouflage et qui en payèrent le prix.

Nous avons étés indulgents, ne nous moquant que le minimum nécessaire de nos piteux chasseurs dont la récolte tenait au creux d’une paume.

Mais je sais ma compagne têtue et nul doute qu’elle va finir par revenir un matin à la maison avec quelques kilos de champignons sauvages encore frétillants. Il ne restera plus qu’à être sûr qu’ils sont comestibles et à apprendre à faire une croûte aux champignons dépassant celle de belle-maman.

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Commentaires
A
<br /> <br /> Quand on ne sait pas différencier les trèfles des champignons, on ramène pas sa fraise! =D<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
J
<br /> <br /> Je fais la difference madame...Je lis l'étiquette c'est aussi simple que ça.<br /> <br /> <br /> <br />