Le grand blond avec une petite aiguille.
Tristan profite de la neige.
Mais à la maison, il est malade. Et comme il ne sait pas faire les choses à moitié, il est sous piqûre d'antibiotiques. Donc tous les jours, pendant une semaine un infirmier va venir lui faire un trou dans sa fesse pour y injecter un produit chimique.
Je dis un infirmier parce que se sera un homme. Celui de hier c'était le genre beau gars dans les deux mêtre et je me la pète avec mon petit sourire et ma petite seringue. Parce qu'il faut savoir que lorsque le médecin a proposé à Carole de soigner Tristan par piqûres à la maison (c'était ça ou un séjour à l'hosto), il lui a laissé le choix entre une équipe d'infirmières ou une équipe d'infirmiers (les deux oeuvrant sur le secteur), et que choisi ma moitié ?? Après elle me sort des excuses du genre :
"moi, je m'en moque, j'ai juste demander au médecin quel était l'équipe le plus douce avec les enfants, il m'a répondu : les infirmiers, c'est tout...C'est après que j'ai vu les photos...".
C'est le genre de mec énervant, grand, gentil, posé, adorable avec Tristan, lui parlant doucement pour le rassurer et, vu les réactions du bébé, très adroit avec une aiguille. Manquerait plus qu'il soit hétéro et on risque de le retrouver un jour avec une hache dans le dos et un tesson de canette de bière dans le crâne. L'honneur des vrais mâles aura été lavé.
Le pire ce serait qu'il soit pareil quand il rentre chez lui. J'aime à croire qu'une fois à la maison, il se débarrasse de son manteau et de sa blouse, qu'il enfile un vieux survêtement élimé, s'affale sur le canapé avec un whisky glaçons et des cacahuettes et raconte à sa femme sa journée de merde à voir des vieux chiants et un bébé braillant, avec en plus ces faignasses qui sont même pas foutues de dégager les routes et tout et tout, en attendant que chauffe le ragoût.
Non parce que vous imaginez si en retrant chez lui, ce mec là est aussi gentil avec ses enfants qu'il l'est avec Tristan, aussi calme et prévenant avec sa femme qu'il l'est avec nous. Ca donnerait presque des envies de l'étrangler, si mes mains pouvaient atteindre son cou.
Je me rassure en me disant que moi qui suis dans le commerce, je ne suis pas le même avec mes clients qu'avec ma famille. Encore heureux. Dans le commerce faut être un peu faux cul si on veut survivre et moi je survis bien.
Donc Tristan profite de la neige en regardant par le fenêtre et en s'extasiant sur les flocons qui tombent ou sur le chat qui se gèle les coussinets dans la poudreuse. Ce serait peut-être une idée pour faire baisser sa température ça, une roulade dans la neige. Surtout qu'au niveau fièvre, il ne fait pas les choses à moitier le fifils à sa maman, il nous fait des poussées au-delà de quarante degrés. Ce qui inquiète beaucoup Carole. J'ai eu pas mal d'épisodes fièvreux quand j'étais petit et j'ai dépassé les records de Tristan plus d'une fois, je me fait donc moins de souci. Carole a peur que le petit cerveau de Tristan supporte mal la température, je suis la preuve vivante qu'on monter à plus de quarante et un degrés et garder un esprit intact...
Et puis en ayant de la fièvre, Tristan peut faire ce qu'il adore : se balader en couche dans la maison. Enfin jusqu'au moment où il décide d'enlever celle-ci en disant "caca..beurk", et en partant les fesses à l'air pouruivit par sa maman toujours soucieuse de la dignité de sa progéniture.
Après tout, elle pourra toujours se consoler en causant avec le bellâtre médical pendant que moi je serais au boulot. Parce qu'en plus, avec les vacances, elle va être là tous les jours quand l'autre niais viendra avec ses petits outils pour sa corvée de poiçonnage de fesses de bébé. Elle a déjà prévu de faire venir la marraine de Tristan pour qu'elle puisse se faire une idée du bestiaux, je serais pas étonné, si courant de la semaine prochaine je voyais débarquer belle maman genre, :"je viens boire le café à l'improviste, j'ai apporté les petits fours". La prochaine fois c'est moi qui choisirai le piqueur en chef. J'en prendrai un tout moche et tout bête ou je choisirai l'équipe des infirmières.
Avec ma chance, elle seront toutes proches de la retraite avec un caractère de bouldogue.