La princesse Gertrude
On dit que les garçons sont des brutes.
Et qu'en plus ils sont toujours dans les jupes de leur maman.
Alors, soit "on" se plante une fois de plus, soit mon fils est d'une espèce à part. Quand il joue, il fait très attention à ne pas faire mal à sa soeur, alors qu'elle y va carrement et si son pied heurte malheureusement le front de son frère, elle se plaint que Tristan, lui a fait mal. En fait des deux c'est plutôt la fille la brute. C'est toute la réalité de la vie, les filles sont des brutes déguisées en princesses, voilà pourquoi nous n'arriverons jamais à rien nous autres hommes de bonne volonté.
En plus, Tristan est accroché à moi, au grand désespoir de sa maman qui voudrait bien que de temps en temps le fruit de ses entrailles ait la reconnaissance du ventre où il a poussé. Mais, comme une pomme ne retourne jamais au pommier, Tristan se détourne du ventre d'où il s'est échappé pour se diriger vers son père, seul rocher de sérénité et de sécurité dans se monde de princesses boxeuses.
Bon ok, Louise n'est pas une brute volontaire, elle l'est accidentellement et quand elle pousse son frère par terre, elle le fait toujours par erreur, mais quand même. Louise est une petite princesse et, par moment elle en a les mauvais côtés.
Tiens, lorsqu'on va la coucher, le rituel est de raconter une histoire. Mais ma fille aime nous lancer des défis. Elle s'installe dans son lit, je lui demande quelle histoire elle aimerait bien que je lui lise et là j'entends : "une histoire dans ta tête".
Au début c'était facile, je connais des contes, des histoires, je les enrobe, les rends audible à une petite fille et le tour est joué. Mais voilà, au bout d'un moment le stock s'épuise. En plus souvent, pris par surprise, je ne me souviens d'aucune histoire. Et curieusement dans ses cas là, tout ce qui me viens à l'esprit non seulement ne peut lui convenir mais ne peux pas être adapter. Je connais des gens capablent de raconter "le seigneur des anneaux" à leur petite fille,mais je n'ai pas se talent là, adapter "fondation" ou "Dune" pour qu'elle comprenne quelque chose est un défi que je ne peux relever sans un minimum de préparation. Et ne parlons pas de "la fin de satan" de Victor Hugo.
Non contente de me mettre dans la panade, elle rajoute des items au défi, il faut toujours qu'il y ait un prince et une princesse, mais aussi d'autres espèce fantastiques comme un dragon, un monstre ou le père noël. Et mon cerveau de mouliner pour trouver une histoire qui tienne la route, parce que ma demoiselle est exigente et que l'histoire doit être aussi passionante et pleine de rebondissements. Avec bien sûr le prince qui épouse la princesse à la fin sinon c'est plus une histoire. Et me voilà donc avec tout ça dans la tête à chercher un début et une fin en me disant que j'inventerai le reste au fur et à mesure.
Alors, c'est l'histoire d'une princesse...qui était prisonnière du Père..d'un dragon qui vivait dans une grotte sombre sur une grosse montagne...Non, je ne sais pas pourquoi elle était prisonnière...Heu parce qu'elle avait roulé sur sa queue avec son carrosse, alors le dragon, il était fâché, ça te va ça ! Bon, continuons. Le roi appela...Quoi ? la princesse ? Je sais pas, moi...Gertrude, elle s'appelait Gertrude. Le roi, donc demanda au célèbre prince Delu de venir sauver sa fille, en échange, il lui offrirait sa main. Pardon..Ah, non, il n'y avait pas de tyranosaure de prévu...Ni de girafe !!!...
Bon, de fil en aiguille, de diplodocus en licorne, l'histoire arrive au bout. Bon en fait le dragon n'était pas méchant mais pour punir la princesse, il lui a fait ranger sa caverne aux trésor, le prince est arrivé après mille périls, et en attendant que sa promise ait terminé son dépoussièrage il a bu le thé avec le dragon. La princesse arriva toute sale et pleine de poussière. Le dragon content, lui offrit un diadème et déclara au prince qu'il ferai courir le bruit qu'il avait été vaincu par un jeune et beau chevalier venu délivrer sa belle.
Louise a bien ri. je crois que je vais continuer à casser les mythes. Ca fera du bien à son esprit critique et à mon esprit en état critique.