l'arbre, la princesse et...Batman !!
Aujourd'hui, c'était le grand jour du carnaval de l'école.
C'est en ce beau vendredi d'hiver que nos chères petites têtes blondes (celles de mes enfants en tout cas) se sont regroupés pour participer avec l'école privée de notre joli bourg à cet étrange rituel que nous nomerons "carnaval". Le but de carnaval est de tester sa capacité d'autodérision en se déguisant de la façon la plus ridicule qui soit. Moi, j'avais choisi un costume très second degré, je me suis déguisé en moi. Bon, j'avais surtout eu trois minutes entre mon retour du travail et le départ pour l'école, juste le temps d'attraper l'appareil photo et hop.
Là-bas m'attendait la foule bariolée des petits enfants aux couleurs qui piquent les yeux et aux sourires naifs. Cette assemblée de petits lutins bigarrés comptait beaucoup de princesses et de fées, des pirates et des soldats, des chevaliers et quelques clowns. On y voyait aussi un ou deux musiciens, un ou deux médecins, un trigrou et des chats.
Oui, je sais que se sont des enfants, oui, je sais qu'ils sont là pour s'amuser. Mais je n'ai pu m'empêcher de constater que presque tous les garçons étaient des guerriers. Chevaliers en épée, tireur à l'arc, soldats en treillis, maquillage et mitraillette, un ou deux Darth Vader (c'est de la v.o.), quelques princes arabes proches du cimeterre et un batman avec une épée (?!). Les rares autres étaient des clowns, des musiciens ou des indiens, que des espèces en voie de disparition donc. Evidemment, on ne peux tirer aucune conclusion de tout ça. Mais quand même. en cette période de grandes révolutions, voir quatre ou cinq gosses en G.I. camouflés se jeter sur ce pauvre spiderman pour qu'il ne soit plus le seul à régner, c'est très troublant. Ce qui l'est aussi, se sont leurs mimiques guerrières, aux petits commandos, on les sentaient prêt à piétiner les doigts de l'homme-médecine juste pour mettre la main sur son épée troll. Ca rigolait pas.
Et Louise ?
Et bien Louise était une princesse (moi, je le savais avant). Et cette princesse là fut désirée et prisonnière. Je la vit collée à son arbre geôlié, le regard dans le vague (les princesses emprisonnées ont toujours le regard dans le vague), scrutant l'horizon pour apercevoir son sauveur. Mais voilà, le sort voulu que le sauveur fut deux. Surgirent donc tour à tour pour délivrer la belle de sa prison d'écorce un chevalier sans armure mais à l'allure fière et au bras solide, et....Batman...avec son épée (ouais, je sais, le conte de fée vient de tourner au vinaigre);. Et comme dans tout conte de fées, il ne doit y avoir qu'un prince charmant par princesse. Ce qui devait arriver arriva, je vis donc un preu chevalier blanc croiser le fer (en plastique) avec le sombre chevalier. Le duel fut inégal, mais correct. En combattant, ils croisèrent Robin des bois mettant la pâtée à Dark Vador, alors qu'un clown pris de folie s'emparait d'une arme automatique pour zigouiller du G.I. sous les yeux soulagés de ses pauvres indiens sans armes ni trompettes.
A ma grande surprise le chevalier fut vaincu par le super héros qui devint le seul prétendant au titre de prince charmant au grand soulagement de Louise qui visiblement, préfère du chevalier, le côté obscur.
Dans toute cette foire costumée, je constatai aussi une chose. Certaines filles s'émancipent et n'hésitent pas à se grimer en militaire, en cow-girl armée du fameux six-coups, en archer elfique et même en catcheur.
"C'est l'égalité des sexes" me dit une nounou en passant. Sauf que, l'égalité ne sera consommée que le jour où un petite fille mitraillette à la main et rangers aux pieds croisera un petit garçon en tutu bleu à paillette en train de faire des pointes. Croyez-moi, c'est pas gagné.