On dirait ta grand-mère !!!
Je suis assez d'accord avec belle-maman.
Le fait est assez rare pour être noté. Mais avant tout commençons par le début, car avant tout, il y a toujours un début.
Quand on a vingt ans, on veut tous être quelqu'un. On a tous des rêves souvent inaccessibles. Moi je voulais être dessinateur, musicien ou maitre du monde (pour le dernier, je ne désespère pas, je suis encore dans les clous). Et puis on vieillit. Je crois qu'il existe un passage méconnu de la vie humaine qui est ce moment où l'on s'aperçoit qu'on ne sera jamais ce qu'on voulait être, je suis sûr que ce passage est à l'origine des crises d'angoisses ou existentielles et d'une partie des excès de nos vingt ans. C'est la période où les gens qui nous aiment disent qu'on se cherche, alors qu'on vient de se faire arrêter en état d'ébriété avec un join dans chaque main ;"faut le comprendre, il se cherche en ce moment ".
Moi, je me suis cherché longtemps, tellement longtemps que je me demande si je ne me suis pas perdu de vue pendant un certain temps. En fait, j'ai l'impression de m'être cherché jusqu'à la naissance de Louise. Où tout au moins, jusqu'à ce que sa naissance devienne une évidence et que la panique et l'angoisse s'emparent de moi comme elles s'emparent de la plupart des futurs pères, les autres sont des inconscients qui n'ont rien à faire sur ce blog. Il y a un moment où le futur papa découvre le gouffre devant lequel il est et qu'il va devoir traverser tel Indiana Jones avec son chapeau, mais sans fouet, sans torche avec le risque de se prendre un mur à chaque seconde. La vie est une aventure et être père est une aventure dans l'aventure.
Et puis, on tient le bébé dans les bras et les choses se mettent en place. On a toujours peur, j'aurai peur jusqu'à la fin de mes jours, mais c'est devenu normal. J'ai déja dit (vous l'avez lu. Si, si mais vous n'avez aucune mémoire, c'est tout) qu'avec Louise j'avais pris conscience de l'ordre des choses. Que ma mort devra préceder celle de mes enfants. J'ai compris ça avec la naissance de ma fille. Et j'ai compris aussi la douleur que ça doit être quand cet ordre n'est pas respecté. Quand on est jeune, on se croit immortel c'est quand nos enfants naissent qu'on comprend pourquoi on doit être mortel, pour que eux nous survivent. On comprend un peu plus nos parents.
Ce qu'il y a surtout c'est que je me suis rendu compte que Louise était beaucoup plus que moi. Elle était plus que mes rêves, j'aurais rangé mes crayons pour elle (dans les faits, je l'ai plus ou moins fait), J'ai découvert que, au fond, mes rêves étaient moins importants qu'elle. Et c'est là que je suis d'accord avec la maman de Carole (bon, si vous avez déjà oublié le début de l'article, c'est pas la peine).
Oui, je sais que c'est un peu long, juste pour dire que je suis du même avis que belle-maman, mais bon, de temps en temps, il faut savoir être conciliant et reconnaitre à nos ainées la sagesse qu'ils doivent avoir à leur âge. En plus hier c'était la fête des grand-mères, il faut bien que je marque le coup.
Et surtout, plus le temps passe, plus il semble que Louise possède des traits de caractère de sa grand-mère maternelle, je dois donc faire attention. D'ici qu'elle se réfugie chez elle quand elle se sentira opprimée par ses parents, comme ma maman le faisait avec sa grand-mère. Parce que si Louise ressemble à Christine, qu'elles ont une forme de complicité issu d'un caractère semblable et qu'en plus la plus âgée apprend des trucs à la plus jeune, on est pas sortie des ronces, comme disait l'autre (cruche ?!). Surtout que je sais belle-maman assez mutine pour s'amuser nous faire enrager en expliquant à Louise tout ce qu'on ne voudrait pas qu'elle sache.
Pour finir, je me dis qu'il y a pire pour Louise que d'avoir le caractère de sa grand-mère. Enfin, ceci étant dit, si cela devait être le cas, plutôt que de haïr mon futur gendre, je me vois bien lui taper sur l'épaule en lui glissant un "bonne chance" chargé de compassion. On dit que ça saute une génération, j'ai peut-être eu de la chance de tomber sur la bonne.