L'heureux pot dominical.
Ce matin, je m'occupe des enfants.
Carole se repose un peu, vu qu'elle se réveille une fois ou deux par nuit en ce moment à cause de Tristan, elle mérite bien une grasse matinée. En même temps je suis fatigué aussi moi !!
Bon, avec le nombre de grasses mat', de sièstes crapuleuses, de "y se passe quoi à la fin de l'épisode ? Je me suis endormi au moment où il disait que s'était pas lui le père de la fille de son ex-belle-mère qui s'est remariée avec l'avocat qui est un fait un transexuel catcheur japonnais" qu'on a pu faire avant Louise, on pourrais penser qu'on a accumulé suffisament d'heures de someil pour se lever tôt le reste de notre vie. Eh ben non.
Faut avouer qu'avec le temps, j'ai appris à me lever tôt et même à apprécier ça. En fait, je préfère mes enfants au lever, tout ensomeillés, tout souriants, tout de bonne humeur, que mes enfants le soir fatigués, ennervés, ronchons. Surtout qu'en règle générale, le soir je suis fatigué et ronchon, et eux finisent par m'énerver.
Les scientifiques vous diront qu'en viellissant on a besoin de moins de sommeil, c'est faux. En vieillissant, nos enfants nous empèche de dormir longtemps, après on s'habitue ou on sombre dans la drogue, la dépression ou écoute de Frantz Ferdinand en boucle.
Ah ! Mais où est-elle passée l'époque où nous autres pères pouvions nous lever tard ? Joyeuse époque où le rôle du père était d'ignorer, de disputer, tabasser ou de perdre les enfants dans le forêt quand il n'avait pas réussi à les vendre à bon prix. La mère s'occupait du reste.
Maintenant nous voilà donc obligés de nous lever pour les enfants, de leur donner à manger, de jouer avec eux, de leur donner le bain et même de leur changer les couches. Pas étonnant que les bistrots fassent faillites. Le pire étant de les habillés. Ce n'est pas tant que ce soit compliqué, c'est qu'après il faut systématiquement affronter le "ah ! tu lui as mis ça ! J'avais pourtant préparé son petit pull et son pantalon marron qui lui va si bien ! Non, non, c'est bien ce que tu lui as mis, c'est juste que ça va pas trop avec la couleur de ses chaussures (ou la couleur de ses cheveux, ou du ciel aujourd'hui c'est selon)".
Signe que les temps ont changés, il y a de plus en plus de pères qui amènent joyeusement leurs enfants à l'école et qui viennent dépités les rechercher le soir, alors qu'ils espéraient que la maitresse les perdraient en forêt à leur place (ce qui arrive de plus en plus rarement, avouons-le. L'éducation nationale à fait des progrès de se coté là). Je n'ai pas souvenir que mon père soit venu me chercher à l'école, ça a dû arrivé je pense mais ça reste anecdotique.
Bon, moi c'est différent, je suis bien obligé de venir attendre Louise à la sortie de l'école vu que Carole est dans l'école et ne peux donc pas attendre dehors et que ses horaires l'amènent forcément toujours à sortir après que les enfants soit partis de l'école et que l'établissement soit vide. Il n'y a d'ailleurs presque plus d'enfants qui sont oubliés dans l'école et qui passent la nuit enfermés, seul dans le noir. Au grand désespoir de certains parents qui voudraient bien de temps en temps avoir une soirée tranquille pour se faire un restaurant et aller au cinéma et enfin se faire une grasse matinée.
Les choses évoluent quand même, Louise petite se levait vers six heures du matin, maintenant, elle pousse charitablement jusqu'à sept heures, ce qui nous laisse une heure royale de sommeil en plus le week-end. Parce que, contrariété feminine oblige, il faut la lever les jours d'école. Et puis je me dis que ce n'est que passager, dans dix ans Louise, dans son adolscence flamboyante, se lèvera sur les coups de treize ou quatorze heures, les cheveux en vrac et l'humeur contrariante, un peu comme je suis quand elle me reveille le matin.
Mine de rien, ils sont quand même sympa mes enfants, ils m'ont laissés écrire ce billet. Bon, ça m'a pris quatre heures entre les chamailleries à faire cesser, les pleurs, les changements de couche et Louise qui a toujours quelque chose à me demander et qui vient de me faire remarquer que "les libellules c'est comme les crevettes : y'a des crevettes filles et des crevettes garçons".
Voila qui termine à merveille ce mot du dimanche en vous permettant, en plus, de vous cultiver un peu. Elle est forte ma fille.