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Le blog de Tristan Né le 26/08/2009 à 11h25

Je me souviens, t'étais chiante !!!

Jo

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Hier Tristan et moi on s'est baladés.

Et c'est plus tranquille qu'avec sa soeur. Quand je me promenais avec Louise petite elle refusait qu'on la porte, elle s'arrêtait pour tailler une bavette avec tous les cailloux de la route, elle partait en exploration dans les flaques d'eau et elle voulait absolument nous montrer qu'elle était assez grande pour descendre du trottoir et marcher au milieu de la route. Tristan, il veut que je le porte, c'est plus facilement gérable.

Après, les enfants changent vite. Quand ils sont tout petit, ils changent de rythme à toute vitesse. Tristan est dans une phase où il ne dort pas le matin un jour sur deux. D'ici peu, il ne fera plus de sieste le matin ce qui réduira mes moments de tranquillité, les jours où je serai à la maison. Et bientôt, il ne voudra plus que je le porte. Il voudra marcher seul, faire ses propres expériences, rencontrer ses cailloux à lui, ne plus que je lui tienne la main pour aller à l'école, ne plus que je vienne le chercher tout court "où alors, tu peux te garer loin, non parce que tu vois mes potes ils se foutent toujours de moi quand ils me voient monter dans ta voiture orange...Dis, tu veux pas changer de voiture ?? Trouver un truc plus classe, qui en jette plus...tuné en plus ce serait bien."...Ingrat.

On ne garde en tête que ce qu'une partie de ce qu'ont été nos enfants petits. Quand je demande à ma maman comment j'étais petit et qu'elle me répond que j'étais "adorable, très sage, surtout très, très vif d'esprit et pas mal en avance sur les crétins de mon âge...", je sais que ce n'est qu'une partie de la vérité et qu'elle occulte certains bons côtés. Si Louise me demandait comment elle était petite, je ne pourrais lui répondre que sur les généralités sur les grands traits, j'ai oublié pleins de choses.

On ne peut pas tout retenir. On retient les moments forts, tout le reste se mélange, pour devenir le souvenir vague, le "quand tu étais petit tu étais comme ci ou comme ça" mais au final on a très peu d'exemples en tête pour étayer ce qu'on dit.

Je me souviens des promenades avec Louise, des sorties au square, des "on va chercher le pain !", en été, en hiver. Je me souviens des heures passées à l'endormir, sur mon épaule, dans un cosi, dans son lit. Je me souviens des réveils tôt, des bains qu'elle adorait, puis qu'elle a détesté un temps. J'ai très peu de souvenirs de jeux, je sais pas pourquoi. 

Je me dis que j'aurais dû noter des choses, faire un journal. Quelque chose qui me permettrais de garder une trace au jour le jour. J'ai eu l'occasion de lire des vieux agendas qui appartenaient à ma grand-mère paternelle. Elle y notait ses rendez-vous, elle était sage-femme, mais aussi de temps en temps des petites remarques. Son fils aîné est mort "à la guerre" comme on dit, j'ai hérité de son prénom. Tous les ans au jour de sa mort, elle écrivait combien il lui manquait, sa douleur de mère. Et au jour de ma naissance, premier petit-fils, elle a écrit un petit texte sur moi, sur ce que je représentais pour elle. J'ai rarement été aussi ému de lire un truc. Ma grand-mère à été paralysée par une attaque alors que j'avais quatre ans. Je l'ai très mal connue.

Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, je ne garde pas que les bons souvenirs en tête. Je me rappelle des colères prises à cause de Louise, des quasi nuits blanches de Tristan. De temps en temps en voyant Tristan, je me rappelle de Louise faisant les mêmes choses ou totalement l'inverse.

Les mauvais souvenirs restent, mais les sentiments passent. Je me rappelle des moments où je me suis fâché contre mes enfants, mais la colère n'est plus là, je vois même les choses avec du recul en me disant qu'il y avait peut-être moyen de faire autrement que de se fâcher.

Quand je me remémore les balades avec Louise, les discussions du soir avant qu'elle s'endorme, les heures au pied de son lit à la regarder dormir (en me demandant si elle ne va pas se réveiller au moindre de mes mouvements et se remettre à pleurer), j'ai toujours un pincement au coeur, une espèce de montée d'amour et de nostalgie pour ces instants précieux.

Au final, avec le temps, seul l'amour reste. C'est rassurant.

 

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Commentaires
A
<br /> <br /> que ça fait du bien de te lire! ça clôture bien la journée je trouve. L'amour c'est bien tout ce qui compte!<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
J
<br /> <br />  En plus ça tombe bien, ce soir Louise à décidée de ne pas faire mentir le titre de l'article...C'est bien la fille de sa mère ça !!!!<br /> <br /> <br /> <br />