Moi, ma solitude et les papillotes.
C'est pas tout ça, mais demain je travaille.
On a tendance à voir Noël comme une grande période de vacances, mais non. Il y a des gens qui bossent avant et après Noël. Bon, pas moi aujourd'hui. Mais d'autre si !
C'est pour ça que je suis rentré cet après-midi. Carole a préférer rester quelques jours chez ses parents, histoire de se reposer un peu et de profiter de sa famille. Je suis donc à la maison en train de boire un café et de m'enfiler les chocolats de Tristan qui ne m'en voudra pas si il veut un jour caresser l'espoir d'avoir un scooter.
Ca me permet aussi d'être tranquille quelques jours. Enfin, tranquille, c'est relatif, je vais quand même devoir aller bosser tous les jours. Mais sinon, ça va me faire du bien. Carole est beaucoup plus sociable que moi. Elle tient ça de ses parents. Elle a besoin de voir du monde, d'avoir du monde à la maison.
Et puis les enfants aiment bien être chez leur grand-parents, en plus il y a toujours quelqu'un de disponible pour jouer ou s'occuper d'eux. Et puis il y a plein de neige et personne ne les dispute s' ils se couchent tard.
J'ai quand même fait des progrès en matière de sociabilité, j'ai l'impression que je le suis plus qu'avant. Mais, tout étant relatif, Carole n'est pas forcement de cet avis. Après, c'est difficile quand on a un enfant de rester enfermé chez soi. Surtout que, petite, Louise avait besoin de sortir. Si elle n'allait pas dehors, elle était ronchon toute la journée. C'est pour ça qu'on sortait tous les jours faire une balade pour aller chercher le pain. La balade durait entre vingt minutes et une heure suivant le temps et mes envies. Sans compter les visites au square pour faire du toboggan (Louise en faisait, pas moi voyons !).
Des fois, je regrette un peu ça. Mais bon, on a une maison avec un jardin et c'est vrai que Louise peut sortir quand elle veut pour jouer. Et puis, avec Tristan c'est vrai que j'ai moins de temps pour faire des balades. On dira ce qu'on voudra, mais deux enfants c'est beaucoup plus que le double d'un enfant en terme de temps avec eux. Même si Louise fait de plus en plus de choses seule, qu'elle a moins besoin de nous, même si Tristan est moins soliciteur que Louise au même âge, si il joue plus tout seul, ça reste difficile à gérer deux enfants.
Après je pense que mon état de forme joue aussi beaucoup. Je peux les supporter plus facilement le matin que le soir. Je peux m'occuper d'eux toute une matinée sans problèmes alors que l'heure et demi qui sépare la sortie de Louise de l'école du retour de Carole me semble quelques fois durée une éternité. C'est rigolo parce que j'ai toujours cru que j'étais quelqu'un du soir et quand je m'occupe de mes enfants, je m'aperçois que je suis plus quelqu'un du matin. Peut-être que j'ai changé en cours de route ?
Où sont-elles passées mes nuits où, seul dans ma chambre j'écoutais des musiques tristes en écrivant des poèmes sur l'amour et combien ça fait mal de vivre ? En même temps j'étais ado, je connaissais rien à l'amour et à la vie, je pouvais donc écrire n'importe quoi. En plus je m'endormais en cours le lendemain tellement j'étais fatigué. C'est quand on vieillit qu'on mesure à quel point on était con quand on avait des boutons et une voix bizarre.
En fait le seul truc que je garde de cette époque, c'est besoin d'être seul de temps en temps. Ca me permet de faire le point, de réfléchir, de me ressourcer. Après, je reviens gonflé à bloc, prêt à soulever des montagnes...Et dix minutes après, je rêve de repartir loin, parce que mes enfants ont décidés de m'en faire baver et de me faire payer mon absence.
C'est dur la vie, mais c'est quand même supportable quand on peut manger les papillotes de son fils, tranquille sur le canapé, en écrivant des bêtises qui, quelques fois, vous amuse.