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Le blog de Tristan Né le 26/08/2009 à 11h25

Au lit..J'ai dit "Au lit" !

Jo

Mes chers enfants.

Il ne  faut pas que j’oublie que ce blog s’adresse prioritairement à vous.

Il faut que je DSCF1634mette certaines choses au point avec vous. Surtout que vous ne serez pas en mesure de lire, et surtout de comprendre, cet article avant un bout de temps.

Tout d’abord sachez que je vous aime. Il faut comprendre, et si vous n’avez pas encore d’enfants vous découvrirez, que l’amour parental est automatique la plupart du temps. C’est bête à dire mais l’amour paternel est souvent livré avec le bébé. Enfin il apparait au moment où l’enfant est dans nos bras, propre et habillé. Parce que la séquence d’avant est toujours un peu gore avec ce truc gluant et plein de sang qui sort du ventre de la future maman en hurlant après des heures de poussages de cris et de tension qui monte. Le père doit d’abord se remettre du choc et couper le cordon ombilical comme le maire inaugure un nouveau théâtre qui va couter la peau des fesses au contribuable pour qu’une poignée de privilégiés puissent voir des pièces chiantes mais subventionnées. Bref rien de propice à une explosion d’amour dans notre petit cœur paternel, surtout que le petit cœur en question hésite entre  la syncope et la crise cardiaque.

L’amour maternel est là beaucoup plus tôt en général, et pour cause, c’est dans le ventre de la maman que vous shooter avec application dès que vos genoux sont capables de le faire et que vous vous apercevez que ça rebondit et que c’est rigolo.

Après, vous aimez ne veut pas dire tout tolérer de vous. Quand Tristan tu te relèves quatre à cinq fois le soir pour aller aux toilettes, tu as du mal à être crédible tout d’abord et ça devient vite énervant ensuite. Même si je te trouve très talentueux dans l’art de rattraper le coup par des bisous, des sourires et des regards qui feront de toi un arnaqueur hors pair voir un très bon politicien. Ce que tu dois comprendre, c’est que si on vous couche tôt le soir c’est pour deux raisons essentielles. La première est qu’il y à école et que vous devez prendre l’habitude d’avoir votre compte de sommeil. Il serait très mal venu que Louise s’endorme pendant les leçons que prodigue sa mère en classe. La seconde est que, même si on vous aime,  le moment où vous êtes au lit pour la nuit est un peu notre fin de journée de travail à nous, le moment où on peut enfin se poser et être entre nous, manger des glaces sans avoir à vous en donner et regarder des conneries à la télévision sans se demander si cela va perturber vos petits cerveaux sensibles.

Ce qui devient embêtant ses jours-ci, c’est que Louise commence à suivre le chemin le même chemin que toi et qu’elle s’endort de plus en plus tard. Bon, elle ne nous fait pas le coup de la vessie pleine toutes les dix minutes, mais elle vient nous voir avec des dessins, certes jolis mais que je préfèrerais qu’elle fasse à un autre moment que le soir après le coucher.

Parce qu’il faut que vous compreniez mes enfants que le moment après le coucher, cette petite soirée que nous avons votre mère est moi, est très importante pour nous et surtout pour notre équilibre psychologique. Parent c’est un métier à plein temps d’accord mais faut quand même pas exagérer.

Bon, pour l’instant on râle un peu mais pas trop. Le problème, c’est que vous connaissant, on sait que vous allez pousser le bouchon un peu plus loin pour voir jusqu’où vous pouvez aller. Je sais que Louise est plutôt une couche-tôt donc je ne me fait pas de soucis. Mais Tristan, j’ai peur que nous soyons obligés de devenir sévères et plus intransigeant. Je peux te sortir le discours habituel du « ce n’est pas qu’on aime te disputer ou te punir, mais tu dois comprendre que c’est pour ton bien et blablabla et blablabla ». Le vrai truc c’est que c’est pour que tu apprennes la limite, vu que nous sentons que tu la cherches, on va te la donner et surtout pour qu’on puisse avoir encore des soirées tranquilles avant que vous n’ayez l’âge de rester avec nous le soir pour les fameuses « soirées en famille » tant vantées par les psymachins et les chaines de télé toutes contentes qu’il y ai des enfants devant les pubs coca.

Avec le recul, je comprends les parents sévères, ce sont les plus tranquilles. Il en faut de la volonté pour ne pas craquer et imposer sa discipline au quotidien mais au final c’est ce qui paie le plus. Lorsqu’on est un parent très strict, il suffit que l’on dise « non » à l’enfant pour qu’il n’insiste pas, il sait les risques qu’il prend à le faire. On dit « au lit », l’enfant va dans sa chambre, se couche et dors.  Alors que pour moi, papa un peu cool (qui a dit trop cool ?), c’est plus compliqué,  quand je dis « au lit », j’ai le droit au mieux à des tentatives de négociation pour quelques minutes de jeux en plus ou au pire, à une bataille qui se fini par des ordres donnés avec une grosse voix et des enfants qui pleurent.

C’est un peu comme un régime, si on le suit strictement c’est payant mais c’est tellement contraignant qu’il faut une volonté de fer pour résister aux petits chocolats ou à la glace dans le congélateur. Moi j’ai clairement choisi les glaces, tant pis pour ma ligne.

Ce qui est drôle, c’est que moi je me souviens avoir vécu des trucs comme ça étant petit. Je me souviens des soirs où je m’asseyais devant la télé, tentant de me faire oublier pour pouvoir regarder le film. Evidemment, ça ne marchait pas et je finissais systématiquement par être évacué jusqu’à ma chambre. Je me souviens aussi d’avoir essayé de transgresser ça, d’être sorti de mon lit pour venir regarder discrètement le film, caché à l’entrée du salon…. Je n’ai jamais été au point comme cambrioleur ou ninja ou tout ce qui exige la moindre discrétion, alors je me faisais prendre, et retours au lit. D’un autre côté si, petit, j’étais aussi discret que Tristan l’est quand il sort en douce de sa chambre, je comprends pourquoi ça n marchait jamais.

Alors mes enfants, quand vous lirez ses lignes, peut-être vous souviendrez-vous de ses soirs où on vous a disputé et interdit de sortir de votre chambre, où on vous a obligé à grimper dans votre lit et y rester. Sachez que quelque part je m’en veux d’avoir été sévère avec vous mais que toutes les soirées tranquilles qu’on a pu avoir, votre mère et moi, valent bien cela. Et quand ce sera à votre tour d’affronter ça avec vos propres enfants, pensez à nous… Par contre ce ne sera pas la peine de nous téléphoner, nous serons à la retraite, loin, tranquille….

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