Architecture et coupe de cheveux.
Ce matin, nous avons poursuivi notre périple Gaudi.
C'est quand même une grande claque dans la figure ce qu'a fait cet homme. Nous avons visité deux immeubles qu'il a conçu. Le premier est une maison de cinq étages. C'est magnifique, tout en rondeur, en lumière sans aucun angle droit, pensé comme un hymne à la mer. C'est plein de recoins, de couloirs sinueux mais toujours lumineux avec des détails et un travail de fou de la part des artisans. Des faiences partout, y compris sur la façade qui ressemble à un tronc dans lequel on aurait creusé la maison. Le deuxième immeuble est une grande bâtisse contenant vingt-quatre appartements. Ici aussi tout est courbe, rondeur et lumière. Avec moins d'audace, disons plutôt plus de retenue, sans doute souhaitée par le promoteur. La grande surprise de cet immeuble,c'est son grenier. Une gigantesque pièce voutée sous des arches comme la cage thoracique d'un animal, où on circule autour d'énormes piliers. Un vrai labyrinthe. Et la terrasse au dessus est un bijou. C'est presque un parc avec différents niveaux, des arches, des alcôves tout cela à ciel ouvert. C'était vraiment un génie ce type.
Nous avons bien sûr fait les boutiques. Ce sera la seule constante de notre voyage avec les tapas. Tous les jours tapas, tous les jours boutiques de vêtements.
Sur l'insistance de Carole et pour faire écho à mon fils qui a fait la même chose quelques centaines de kilomètres plus loin, je suis allé chez le coiffeur. Vous savez à quoi ressemble un coiffeur ? C'est souvent un jeune mec, plutôt fin, un peu efféminé. Vous savez à quoi ressemble un camioneur ? C'est souvent petit, bedonnant avec des bras comme mes cuisses et des tatouages. Ben j'ai été coiffé par un camioneur sans tatouages. Ca fait bizarre, au début je me suis dit que s'il frottait trop fort pour m'essuyer la tête, il allait me la décrocher. Mais non. Bon, il a eu l'idée assez saugrenue de me mettre une pince pour tenir mes cheveux en l'air. Vous m'imaginez avec une choupette sur la tête en plein salon de coiffure dans un pays étranger. J'ai ruiné la réputation du charme français pour des décénies, moi. Surtout qu'une fois la pince accrochée, il est parti. Je suis resté, seul, dix bonnes minutes, une choupette sur la tête et Carole qui se marrait à côté. J'ai eu le temps de prendre une photo de moi. Je signale aux personnes l'ayant reçue que si je m'aperçois qu'elle se met à circuler, des sanctions seront prises. En plus, comme tout bon coiffeur, il essayait de me faire la conversation, alors que je déteste les coiffeurs qui causent. Je préfère qu'il se concentre sur mes cheveux que sur mes vacances ou sur le temps qu'il fait chez moi. Surtout que je n'en sais rien, vu que je suis ici. Et que google, c'est son ami à lui aussi. En plus, il me parle en catalan, ce qui est pour moi aussi compréhensible qu'une notice d'étagère à monter en taiwainais occidental. Au final, je suis quand même satisfait de ce qu'il a fait le camioneur catalan. Après, devinez quoi ? On a refait les boutiques.
Et les enfants, c'est quand même le blog de Tristan ici, il faudrait nous en parler un peu. Vous entend-je marmoner derrière vos écrans. Vous avez raison. Mais si je vous écoutais, ça se saurait.
Bon, il est l'heure des tapas.
A bientôt.