Faut pas le dire !
Cette nuit, enfin non ce matin entre 4 et 6 heures pendant que j'essayais d'endormir un Tristan qui avait décidé que non, il ne se reposerait pas entre ses deux tétées, me sont venues tout un tas de pensées pas très catholiques (en même temps moi et le pas très catholique, on s'entend pas mal).
Louise s'était aussi réveillée vers 4 heures avec : cauchemar, mal de ventre, vomissements, pleurs la totale (rien de grave a posteriori). Donc dans un premier temps papa gère Louise, maman Tristan (Oedipe, si tu m'entends...). Une fois Louise consolée et rassurée, je propose à Carole de la relayée avec le bébé. Me voila donc berçant mon fils à 4 heure du mat en lui chantant des chansons douces (AC/DC, Paramore ou Lara Fabian). Lui, pleure dès que je le porte (ben ouais, Oedipe) et commence à se radoucir au son de ma voix mélodieuse et ensommeillée massacrant du Jacques Brel pour qui j'ai pourtant un profond respect, mais bon faut ce qui faut.
Touuuuut douuuuucement (ça c'est pour Bibi) je pose Tristant dans son berceau et à peine ai-je le temps de de fermer un bout de la gigoteuse, que le voila qui ouvre un oeil, puis deux, me regarde et se met à hurler de plus belle. Je le reprends dans mes bras en me disant "il exagère quand même le nouveau né !!" et lui continue son concert. Je me remet à chanter doucement, ça change rien (en même temps vu son niveau de décibels et le mien autant essayer de faire écouter du Carla Bruni à un type qui bosse au marteau piqueur). Je réfléchis.."qu'est ce qu'il peut bien avoir ? Trop froid, non, trop chaud non plus, faim ? il vient de vider les deux seins de Carole comme moi je vide un pot de glace".
Et là naît l'agacement ! Là on commence à ce dire ce qu'on ne doit pas dire, ce qu'on à pas le droit de penser. C'est fou ça comme la fatigue et le sentiment d'impuissance peuvent faire naître du ressentiment. Je devrait avoir pitié du petit bout qui pleure, le consoler et ben non, là j'étais excédé, crevé et je n'avais plus envie d'avoir pitié, j'avais envie de dormir, qu'il se taise, qu'il arrête de se foutre de moi et qu'il dorme.
A des moment j'avais comme des envies de le gifler (pas vraiment une envie mais une espèce de possibilité à prendre en compte). Pas une pulsion, un truc contrôlable mais qui est là, au fond, tapis et qui grignote ma patience.
En fait j'ai déjà connu ça avec Louise, en pire je crois en plus. Ses moments où on est à bout, où on en à tout simplement marre et où on voudrait juste que ça s'arrête. Mais j'avais oublié,ou je m'en souvenais pas comme ça.
Ce qui est bien, c'est qu'il suffise que je pose bébé dans son lit, que j'aille voir Carole et que je lui demande si elle peut prendre le relais. Je me calme et ça va mieux. Et Carole à une autre patience que la mienne.
On en parle jamais de ces moments où on est borderline. Avant Louise on ne m'a jamais avertit de ça. Je l'ai découvert, et je le redécouvre. C'est rare qu'on en parle entre parents, on veut à ce point là passer pour des superpapas ou des supermamans qu'on évite de parler de nos faiblesses. En parlerai-je à Louise ou Tristan quand ils attendront des enfants ?? ( bon à Louise ça va être dur , vu qu'elle parle tout le temps).
Dans ces moments là je pense aux mères célibataires, moi j'ai la chance d'être en couple, si je sens que je sature, Carole prend la suite et vice-versa. Mais ces femmes qui sont seules avec un bébé, comment elles font ? Elles doivent vivre des nuits d'enfer. Je pense à ma mère qui lorsque j'avais l'âge qu'a Louise aujourd'hui, s'occupait de 3 enfants comprit entre 1 et 3 ans. Avec mon père en perpétuels déplacement et qui était un père d'une autre époque. Que de nuit blanches on a du lui faire passer.
C'est pour ça que la meilleure des mamans c'est quand même la mienne.