J'avais oublié !!
J’avais oublié les nuits avec un nouveau né. Non, en fait je n’avais pas vraiment oublié, j’en avais un souvenir vague et romantique, comme on se souvient de son bac ou du service militaire (ça c’est pour les vieux), on garde que les bons moments, on zappe le reste.
Alors tétée à 8h00 hier soir sans soucis (la maman assure le rôle de tirage-pression que la nature lui a confiée), tout de suite dodo, ce qui nous laisse une soirée plutôt tranquille. Premier réveil vers 0h00 pour remplissage d’estomac, change, dodo, le bonheur. Deuxième réveil, vers 4h00, retétée, rechange et…pas dodo !
Bon pas de panique, on en a gérée une, le second normalement c’est « fingers in the noze » (comme disent les polyglottes de Lascaux), on alterne le portage dans les bras, le berçage, le murmurage de mots doux (et les barbarismes sauvages). Rien.
Oh pas de hurlés à vous donné envie de le renvoyer d’où il vient, non, des petites pleures qui vous brisent le cœur.
Alors, renait la patience légendaire des parents face au bébé qui pleure. Mélange d’impuissance et d’incompréhension face aux réclamations incomprises du bout d’choux. Et, de plaintes en « ça y est, il dort…Ah non merde...Bon là c’est à ton tour de te lever…Non moi j’allaite, toi tu te lèves… ». On arrive doucement à la tétée suivante, rerechange et là miracle, Tristan semble vouloir se réconcilier avec Morphée, après une sérieuse prise de bec semble-t-il (pourtant moi qui connais bien Morphée, je le trouve plutôt sympa et de bonne compagnie). Je retourne sous la couette soulagé (moi, pas la couette !), j’enlève les allumettes qui soutenaient mes paupières et commence a entrer dans un univers peuplé de belles blondes plantureuses et de choux à la crème chantilleux quand la porte s’ouvre sur une petite blonde qui lance toute fière « Papa, ça-y–est, je suis debout !! ». Dans un élan d’amour paternel je lance « Groumph ! Louise, t’as vu l’heure ». Là je m’aperçois que 1) à 3 ans la notion d’heure c’est un truc super relatif, 2) il est 7h00, l’heure où effectivement Louise me lève tous les matins, pour être sûre, je suppose, que l’avenir m’appartienne.
Vous comprenez pourquoi je compose ce texte avec l’œil à moitié ouvert malgré les deux cafetières complètes que je me suis enfilé comme Louise s’enfile les dragibus.