17,5 c'est long...
Tristan a six mois.
Enfin, il les a eu hier, mais comme je n'ai rien écrit hier...
Il ne reste plus que dix-sept ans et demi avant que je le mette à la porte de la maison...C'est long !
Au départ, on se rend pas compte du temps que nos enfants vont passer avec nous. On imagine pas le temps qu'ils vont passer à aller de leur chambre à la table de la cuisine, avec pause pipi en route. A courir partout en hurlant, et de préférence dans nos jambes quand on déplace le bocal des poissons ou qu'on tient la casserole contenant un truc liquide et bouillant qu'on aurait voulu mettre dans leur bouche plutôt que sur leur tête. Des années à se lever tôt pour amener l'enfant à l'école alors qu'en fait aujourd'hui on travaille pas et qu'on aurait pas craché sur une grasse matinée bien méritée. Tout ces regards coquins qu'on s'échange entre parents, ses petits bisous volés, ses câlins esquissés jusqu'à entendre "papa, tu m'aides à faire mon puzzle ", la réalité vous rappelle soudain que vos enfants sont encore sous votre toit et loin d'en partir.
Les enfants remplissent votre vie et la vide aussi. Combien de films ratés au cinéma (en même temps , on évite tous les navets qu'on allaient voir avant et tous les films à l'eau de rose où j'ai été traîné de force), combien de " c'est dommage que vous n'ayez pas pu venir, la soirée était géniale" (de toute façon avec deux enfants, on a plus d'amis...Sauf d'autres parents qui eux non plus ne peuvent pas sortir le soir... On évite aussi les soirées pourries comme ça). Combien de "chouette j'ai deux semaines de vacances !" qui se changent en "merde, j'ai deux enfants malades !".
Avec deux enfants, on passe plus de temps à faire, charger, décharger, défaire puis refaire, recharger les bagages qu'au bord de la mer. Et de toute façon, y'en a toujours un qui tombe malade ou qui se casse un truc histoire de bousiller la semaine de location réservée depuis six mois.
Ok, mon post du jour est pas très réjouissant, mais bon Tristan est tout grognon et Louise a fait un énorme caprice à Carole au moment de la sieste cet après-midi (c'est l'effet caméléon de Louise, avec moi elle est super gentille, dès qu'elle est avec sa maman, elle devient chiante, un vrai caméléon je vous dis). Mais bon, Carole a assuré comme une maîtresse formée aux cas difficiles et comme une maman qui ne va pas se laisser faire par cette blondinette bornée et têtue (rappelez- vous : l'effet caméléon ).
Plus que dix-sept ans et demi... En même temps ça va s'améliorer. Ça c'est ce qu'on dit pour se rassurer et éviter d'abandonner nos enfants dans les nids des cigognes (si, si c'est possible, mais uniquement si les enfants sont encore sous garantie ). Parce que si on se rend compte que quand le petit aura décidé de dormir toute la nuit tranquillement, il trouvera un autre truc pour nous gonfler, on tiendra pas et il faut qu'on tienne jusqu'à ce qu'on le mette à la porte à dix-huit ans, sinon, il est encore capable de rester jusqu'à trente, le cochon.
Quand on pense a tout ce que nos enfants nous font, à tout ce que les parents subissent du caca aux punitions d'école, des dents à la crise d'adolescence, je me dit que je serai un papa vieux, chiant et gâteux plus tard, rien que pour pouvoir leur pourrir un jour ou deux dans la semaine....
Et comment rester fâché devant le sourire désarmant de Louise et celui innocent, spontané et lumineux de Tristan. De toute façon, mes enfants me gonflent de temps en temps, mais m'épatent tout le temps, un peu comme leur maman, donc forcement je les aime.