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Le blog de Tristan Né le 26/08/2009 à 11h25

Le banc du vieux monsieur

Jo

Je me rends compte d'une chose, c'est que, désormais, plus le temps va passer, moins je verrais mes enfants. 

C'est un fait, ma vie change et eux ils grandissent. Louise est au collège, Tristan s'en approche, ils vont l'un et l'autre acquérir une indépendance puis bâtir une vie. Je sais, l'ordre des choses, c'est la vie, c'est normal...je connais toutes ces banalités. Toujours est-il que la vie me ramène lentement vers une solitude que j'avais perdue de vue depuis des années. 

Il ne faut pas se méprendre, j'ai hâte de les voir grandir, j'ai hâte de connaître les adultes qu'ils seront. C'est là, je pense, que s'achèvera mon travail, avec la fierté de les regarder être  heureux et bien dans leur tête. Je ne suis pas de ceux qui regrettent l'époque où ils bavaient et nous réveillaient plusieurs fois par nuit. 

Je me rends compte simplement que j'ai de moins en moins mon rôle à jouer dans la vie de Louise. Encore quelques années et je ne serai plus que spectateur de son existence, lui aillant donné tout ce qu'un père doit pouvoir donné. 

Elle va juste lâcher ma main et courir comme elle le faisait petite, sauf que là, je ne pourrai pas lui demander de ne pas trop s'éloigner. Ce ne sera plus mon rôle. Et, comme lorsqu'elle jouait dans le square prés de notre appartement à Besançon, je la regarderai assis sur un banc, fasciné par sa capacité d'être tellement plus que tout ce que je ne serai jamais. Je pense que je resterai sur ce banc à regarder mes enfants tout le restant de mes jours. Au fond, qu'est ce qui peut être plus parfait que ça ?

Au matin d'une froide journée d'hiver, le soleil commence à peindre d'orange pastel le haut des immeubles alentours et la chaleur de mon souffle fait naître des volutes dans le froid. Personne ne vient ici à cette heure là mais personne n'a une fille comme la mienne. Personne n'a des enfants comme les miens.

Le banc de bois glace mes fesses mais ce n'est pas très important. L'important c'est que Louise puisse jouer. L'important c'est de la regarder, d'être fasciner par le simple fait de l'observer jouer. Elle est rejointe par son frère, chacun jouant de son côté sans jamais se perdre vraiment des yeux. Louise, sûre d'elle, confiante et Tristan plus prudent, hésitant parfois mais finissant toujours par y aller. 

 e n'est plus le toboggan en bois que l'on dévale en sortant d'une petite cabane, ce ne sont plus des tunnels en plastique percés de hublots en plexiglas. Plus d'échelle de corde ou en bois. C'est la Vie à présent, la vraie, celle des grands. Mais, au fond, ça reste un jeu. 

​​​​​​J'ai hâte que le soleil monte encore et vienne réchauffer mes vieux os mais je n'ai pas envie que le temps passe trop vite. Avec l'heure qui s'avance, d'autre enfants vont venir et ils vont jouer avec les miens. J'ai envie d'être encore seul avec eux dans ce parc, avant les autres, avant la foule, avant d'être juste le vieux monsieur assis sur un banc.

Qui sait, peut-être que le long du chemin de retour on sautera dans des flaques. 

Je me rends compte d'une chose, c'est que, désormais, plus le temps va passer, moins je verrais mes enfants. 

C'est un fait, ma vie change et eux ils grandissent. Louise est au collège, Tristan s'en approche, ils vont l'un et l'autre acquérir une indépendance puis bâtir une vie. Je sais, l'ordre des choses, c'est la vie, c'est normal...je connais toutes ces banalités. Toujours est-il que la vie me ramène lentement vers une solitude que j'avais perdue de vue depuis des années. 

Il ne faut pas se méprendre, j'ai hâte de les voir grandir, j'ai hâte de connaître les adultes qu'ils seront. C'est là, je pense, que s'achèvera mon travail, avec la fierté de les regarder être  heureux et bien dans leur tête. Je ne suis pas de ceux qui regrettent l'époque où ils bavaient et nous réveillaient plusieurs fois par nuit. 

Je me rends compte simplement que j'ai de moins en moins mon rôle à jouer dans la vie de Louise. Encore quelques années et je ne serai plus que spectateur de son existence, lui aillant donné tout ce qu'un père doit pouvoir donné. 

Elle va juste lâcher ma main et courir comme elle le faisait petite, sauf que là, je ne pourrai pas lui demander de ne pas trop s'éloigner. Ce ne sera plus mon rôle. Et, comme lorsqu'elle jouait dans le square prés de notre appartement à Besançon, je la regarderai assis sur un banc, fasciné par sa capacité d'être tellement plus que tout ce que je ne serai jamais. Je pense que je resterai sur ce banc à regarder mes enfants tout le restant de mes jours. Au fond, qu'est ce qui peut être plus parfait que ça ?

Au matin d'une froide journée d'hiver, le soleil commence à peindre d'orange pastel le haut des immeubles alentours et la chaleur de mon souffle fait naître des volutes dans le froid. Personne ne vient ici à cette heure là mais personne n'a une fille comme la mienne. Personne n'a des enfants comme les miens.

Le banc de bois glace mes fesses mais ce n'est pas très important. L'important c'est que Louise puisse jouer. L'important c'est de la regarder, d'être fasciner par le simple fait de l'observer jouer. Elle est rejointe par son frère, chacun jouant de son côté sans jamais se perdre vraiment des yeux. Louise, sûre d'elle, confiante et Tristan plus prudent, hésitant parfois mais finissant toujours par y aller. 

 e n'est plus le toboggan en bois que l'on dévale en sortant d'une petite cabane, ce ne sont plus des tunnels en plastique percés de hublots en plexiglas. Plus d'échelle de corde ou en bois. C'est la Vie à présent, la vraie, celle des grands. Mais, au fond, ça reste un jeu. 

​​​​​​J'ai hâte que le soleil monte encore et vienne réchauffer mes vieux os mais je n'ai pas envie que le temps passe trop vite. Avec l'heure qui s'avance, d'autre enfants vont venir et ils vont jouer avec les miens. J'ai envie d'être encore seul avec eux dans ce parc, avant les autres, avant la foule, avant d'être juste le vieux monsieur assis sur un banc.

Qui sait, peut-être que le long du chemin de retour on sautera dans des flaques. 

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