Dans mes bras
Tu ne te souviens pas du nombre de fois où je t’ai pris dans mes bras.
Du jour de ta naissance à peine libéré de ton cordon à tes cauchemars qui me font me lever au milieu de la nuit. Des soirées à chercher ton sommeil de bébé aux câlins qui nous font du bien à tous les deux.
Je ne compte pas toutes les fois où je t’ai pris dans mes bras, ses choses-là ne se comptent pas, elles se vivent. Prendre les gens que j’aime dans mes bras me recharge, me donne de la force comme si je les vampirisais et prenais leur énergie. Et mes bras autour de toi c’est un peu une barrière au monde, une bulle pour nous deux, pour quelques secondes, quelques instants, être, toi et moi, une ile, loin de tout, juste un ilot d’amour simple et chaud.
Evidemment que tu ne comprends pas tout ça, bien sûr que tout cela t’échappe, mais j’en profite, je goûte ses moments parce que je sais qu’ils vont disparaitre. Je ne suis pas idiot, le temps des câlins va toucher à sa fin, tu vas grandir.
Il restera toujours des choses. Il restera toujours tes yeux en billes d’acier qui me fixe quand tu ne t’endormais pas, ton regard perdu lorsque ton esprit reste dans le sommeil malgré les pleurs du cauchemar qui finit de t’agiter, ce sentiment de sécurité que je vois en toi lorsque tu es dans mes bras.
On donne trop de sens aux câlins quand on est adulte tu sais, on en oublie que ce geste est ancestral, gratuit et bienveillant. On nous raconte les arrières pensées, les coups de poignard dans le dos, le baiser du traitre pour que nous perdions le sens simple de ce geste fraternel. Alors en grandissant on perd l’habitude d’en faire, on réserve ça à nos amours, on a le câlin méfiant.
Je crois que c’est dans ces moment-là, lorsque tu es dans mes bras et je te sers fort, que je sais à quoi je sers. J’ai parfois le vertige devant tout ce que je représente pour toi, tu me vois en montagne là où je ne me vois qu’en sable friable. Comment peut-on être aussi peu et autant pour quelqu’un ? C’est te serrer dans mes bras me donne de la valeur. Tu es tout ce qui fait vivre mon monde et te tenir contre moi c’est tenir tout mon monde en une brassée d’amour.
C’est éphémère, je sais. Mes bras devront te laisser partir de plus en plus. D’autre bras t’attendront un jour, je les espère aussi plein d’amour que les miens mais ce ne sera plus mon problème, ce ne sera plus mon histoire. Trop te garder contre moi serait t’enchaîner.
Tu ne te souviens pas du nombre de fois où je t’ai pris dans mes bras. Mais malgré tout, il est important que tu te souviennes d’une chose. Ils seront toujours là pour toi, pour la joie ou la tristesse, pour te soutenir, te consoler ou partager ton bonheur. Chaque fois que tu en auras besoin je serai là pour te prendre contre moi et pour te serrer fort.