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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 20:03

Ma fille a craqué.

Elle m’a fait une crise de paranoïa. Bon d’accord, si elle a hérité d’une partie de mon cerveau, pas étonnant que ce soit bizarre dans sa tête. Mais là quand même...

Bon je vous racoP1000788nte, si, si, pas la peine d’insister, je vous raconte, en plus, vous êtes là pour ça, non ?

Alors, cet après-midi, Louise jouait avec une copine dans le jardin, elles s’amusaient à faire tout ce que les petites filles de cet âge-là font, c’est-à-dire rendre dingue les parents en faisant exactement ce qu’on leur a dit de ne pas faire, en rigolant comme des pouffes pour des trucs stupides ou en essayant de faire de la balançoire de la façon la plus dangereuse possible, juste pour voir si notre cœur est suffisamment costaud pour tenir le choc. Donc, elles essayaient de nous faire craquer, de nous pousser à sombrer dans une profonde dépression.

 Carole, épuisée par une matinée à essayer d’empêcher Louise d’attenter à sa vie ou à celle de son frère ou à celle du chat, est allée faire une petite sieste réparatrice. Et pendant ce temps-là, ma fille et sa copine se sont mises à entendre des bruits étranges dans le jardin. Un sifflement puis des petits bruits bizarres. Leur esprit de déduction a décidé que tout cela était l’œuvre d’un voleur et qui plus est d’un voleur d’enfants. Soudain ce fut la panique dans le jardin. Un voleur était là. Bon, je ne prends pas trop au sérieux la première alerte, ni la deuxième. Au bout d’un moment, je sors pour faire le tour du jardin et leur montrer qu’il n’y avait personne et que tout allait bien.

Ben non, la petite graine de la paranoïa s’était plantée dans leur cerveau et plus rien ne l’empêchait alors de pousser. Le voleur devient « les », puis redevient « le » mais invisible ce coup-ci. Et nos deux victimes en puissance, sortent faire leur enquête et me rapportent chaque brindille cassée, chaque morceau de dinette abimé comme autant de preuve de la présence d’un individu dangereux. J’ai beau expliquer que non, il n’y a personne dans le jardin, que tout ça c’est dans leur tête et qu'elles ont de la chance que le numéro des urgences psychiatriques soit pris d’assaut par tous les profs qui viennent de s’apercevoir qu’ils vont retrouver leurs classes de sociopathes demain, rien n’y fait.

Je sors alors une nouvelle arme : la dérision. Je leur dis de vérifier sous la table de jardin, sous le parasol, dans les brins d’herbe et sous le toboggan au cas où, mais malheureusement, ce genre d’humour au troisième degré ne les atteint pas vraiment, pas plus que le cynisme ou la raison. J’abandonne alors, me contentant de répéter toutes les cinq minutes que « non, il n’y a personne dans le jardin et une tige de fleur cassée ne prouve rien ».

Laissées à elles même les petites paranoïdes prennent alors les choses en mains. Pour ne plus avoir peur, il faut se protéger du méchant. Pour se protéger du méchant, il faut s’en débarrasser. Pour s’en débarrasser, il faut le tuer et pour le tuer, il faut un piège. Ni une, ni deux le piège est pensé, préparé malgré ma mauvaise volonté et mon refus catégorique de donner de la ficelle et un marteau. Le piège est vite fini. Par soucis de sécurité, je vais voir la chose et trouve une espèce de barrière faite de bric et de broc où pourrait effectivement se prendre un voleur du moment qu’il arrive en courant les yeux fermés et ivre mort. Bon, je préfère ne rien dire de mes réflexions et laisser les deux ingénieuses se féliciter pour leur traquenard subtil. Une fois le piège fini, plus rien, plus de paranoïa, plus d’angoisses, plus rien. Le piège est là, il est prêt à fonctionner et le voleur n’est donc plus un problème.

Quel puissant moteur que la peur. Parties de rien, d’un bruit nouveau ou étrange, elles en sont venues à concevoir un piège pour tuer un hypothétique voleur, sans chercher à savoir si un innocent pouvait se blesser. Le bruit étrange est devenu un voleur. Ça aurait pu être autre chose, une curiosité, une énigme, une fée ou un martien. Non, c’est devenu un danger, personnifié par un voleur. Toutes les explications, tous les raisonnements se sont évanouis devant la certitude de deux petites filles qui ce jour-là, ont décidé d’avoir peur. Et la peur a disparue dès que le piège fut mis en place. S’il y avait eu un voleur, le problème ne se serait pas évanoui avec la construction de la barrière.

Comme quoi, on peut faire peur avec rien. On peut désigner un coupable à partir de rien. Et le sentiment de sécurité n’a rien à voir avec la diminution du danger, mais avec la sensation qu’il ne peut pas nous atteindre. Enfin bon. On peut se dire aussi que ce ne sont que deux petites filles qui ont passé l’après-midi à jouer à se faire peur.

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commentaires

andrea 01/05/2011 20:56



eh ben pourquoi pas un quatrieme... -_-



Jo 02/05/2011 17:20



Parce que des fois quand il en a trop, il y en trop, et c'est tout.



andrea 01/05/2011 20:47



^^


très drôle!



Jo 02/05/2011 17:19



Merci, merci 



andrea 01/05/2011 20:46



^^


très drôle!



Jo 02/05/2011 17:19



Merci; merci 



andrea 01/05/2011 20:35



^^


très drôle!



Jo 02/05/2011 17:18



Merci, merci 



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