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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 15:47

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Aujourd’hui, c’est la fête des pères.

Un beau piège oui.

Parce qu’au départ, les pères s’en moquaient un peu d’avoir une fête des pères. Etre père à l’époque était un passage obligé. Ils faisaient des enfants comme ça, sans vraiment le vouloir. Ils participaient juste à leur conception, même si dans les faits, ce n’était pas vraiment la conception leur idée première.

La tâche principale des pères de l’époque était de trouver une excuse pour ne pas rentrer à la maison ou, en tout cas pour le faire le plus tard possible de façon à éviter d’être en contact avec le fruit de leurs ébats. Quand ils n’avaient pas le choix et qu’ils devaient être souvent à la maison, ils finissaient systématiquement par trouver un moyen de se débarrasser de leurs rejetons. Que ce soit en les perdants en forêt ou en ou les envoyant dans l’armée, dans la marine ou dans un monastère, enfin ce genre d’endroit d’où ils revenaient rarement. Et comme il n’existait pas d’équivalent pour les filles, ils les casaient le plus tôt possible avec un veuf du coin, copain de bistrot et tout seul depuis des années.

Bref, la vie de père était plutôt tranquille, voire inexistante. Bon, elle obligeait à se lever tôt et à rentrer tard, afin d’éviter les cris, les caprices, de donner les repas et de changer les couches culottes en paille fraiche (l’avantage des couches en  paille, c’est qu’on pouvait cultiver ses couches dans son jardin, les écolos actuels devraient en prendre de la graine). En fait le terme de père était rarement utilisé. On disait plus souvent « pôv’gars » : « Oh tu sais le pôv’gars, avec ses cinq enfants, il a bien du mal, surtout qu’sa femme, c’est pas un cadeau ». C’est ce qu’on entendait souvent au bistrot, dernier refuge des pères perdus qui n’avaient plus le goût de la chasse  au mammouth ou de la cueillette des champignons en forêt profonde.

La fête des mères existait bien, mais les pères n’y voyaient qu’une nouvelle invention de leur chère épouse pour réclamer un cadeau ou un bouquet de fleur. Après tout ça permettait aussi aux pères de ne faire aucun effort le reste de l’année. Parce que entre la journée de la femme, la fête des mères, des grands-mères, noël, la saint Valentin et l’anniversaire de leur moitié, les maris étaient obligés de faire des cadeaux et des efforts suffisamment souvent pour n’en faire aucun les autres jours de l’année.

Mais voilà, vous savez ce que c’est une femme, ça n’est jamais contente. Donc, non seulement elles ont institué des fêtes suffisamment souvent pour croire que leur mari est attentionné, mais ça ne suffisait pas. Il fallait qu’il se sente concerné par l’élevage du troupeau familial. Mais comment faire ? C’est pas évident. Quand on regarde bien, ce n’est pas très ragoutant un enfant, ça pleure, ça mange, ça sent pas bon, c’est malade, ça a le nez qui coule et surtout ça adore sa maman.

Bon, quelque part on peut comprendre les mamans, coincées à la maison avec une bande de mômes sans aucune reconnaissance, ce n’est pas l’image qu’elles avaient de la femme moderne dans leur enfance. « Et l’autre gros lard qui n’est jamais à la maison et qui quand il rentre est souvent rond comme une barrique et désire systématiquement participer à la conception d’un autre enfant. J’aurais dû écouter ma mère tiens ! ». Ca ne pouvait plus durer, il fallait que ça change. D’où l’idée de la fête des pères.

Une fois par an, on fait croire au papa qu’il est important et que c’est le meilleur papa du monde. Vous me direz que ce n’est pas ça qui fera changer les choses. Et bien détrompez-vous. C’est naïf un père, ça croit vraiment que ça participe à la conception des enfants, même quand ils sont noirs et pas lui ni sa femme (bon là toutes sortes d’explications existent, des hasards de la génétique à l’abus de chocolat) ou blonds aux yeux bleus alors que….

C’est tellement naïf un père que si on lui fait croire qu’il a de l’importance une fois par an, il va le croire toute l’année et se sentir obligé de pouponner, biberonner et changer les couches au lieu d’être au bistrot. On ne compte plus d’ailleurs le nombre de bistrots qui ont fermé ces dernières années, juste à cause de la fête des pères.

Et voilà comment on piège un pôv’gars et qu’on le change en gentil papa. En lui récitant un poème un peu niais et en lui offrant un cadeau fait à l’école par la maitresse.

Bon, c’est quand même la fête des pères. Louise, sans le savoir, a participé au grand complot mondial visant à m’éloigner du bistrot. Mais bon je ne lui en veux pas trop, c’était tout mignon et tout adorable de sa part et elle était tellement heureuse.

Vous voyez, quand je vous dis que les papas sont de grands naïfs.

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commentaires

Garance 28/07/2011 21:02



En tout cas, avec votre merveilleuse écriture, on vous suivrait jusqu'au bout du monde...


Quel bon Papa vous devez être ;-)



Jo 30/08/2011 14:48



Pardon de vous répondre après autant de temps, j'avais pris un peu de recule avec le blog, mais j'y reviens.


Merci, mais vous savez, je ne sais pas si je suis un bon papa. J'aime mes enfants plus que tout, bien que quelque fois, je me demande s'ils ne cherche pas à me faire payer un truc que je n'ai pas
commis....


Enfin bref, il parrait que les enfants sont comme ça : )


 



andrea 19/06/2011 20:16



et quel chef d'oeuvre!



Jo 20/06/2011 06:21



Mais tu as un chef d'oeuvre aussi chez toi....Par contre, je te dis pas qui c'est oô



andrea 19/06/2011 16:36



hé!!!


t'aurais pu prendre le chef d'oeuvre de ta fillette en photo!!



Jo 19/06/2011 19:56



j'ai préféré mettre une photo de mon chef d'oeuvre à moi.



andrea 19/06/2011 16:35



y'en a chez qui ca marche pas tu sais!


Joyeuse fete!



Jo 19/06/2011 19:55



Ben oui, je sais...



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